Trois ressortissantes algériennes ont été victimes d'une incroyable affaire d'escroquerie dans la ville de Châtellerault, dans l'ouest de la France. Selon le quotidien régional La Nouvelle République, qui a donné l'information le 25 juin, les trois femmes, âgées de 57, 62 et 64 ans, ont été victimes d'une arnaque particulière en pleine ville et en plein jour.

En fait, cette affaire mêle escroquerie, substance paralysante et hypnose. Cette pratique est appelée arnaque à la « samaoui », très fréquente au Maroc et qui vise généralement les femmes. Selon la même source, l'information a été dévoilée la veille lors d'une audience devant le tribunal correctionnel de Poitiers, à environ 40 kilomètres au sud-ouest de Châtellerault. Trois personnes originaires de Casablanca, au Maroc, et habitant la Belgique, comparaissaient deux jours après avoir été appréhendées.

Même si le procès a été reporté au début du mois de juillet, suite à une demande de la défense, les magistrats n'ont pas voulu prendre de risques et offrir la liberté provisoire aux trois présumés escrocs. Saadia, 53 ans, Adil 49 ans et Mustapha 55 ans attendront leur procès au Centre pénitentiaire de Poitiers Vivonne. C'est que pour les juges, il y a un « risque de renouvellement de l'infraction ».

Les trois accusés d'arnaque à la « samaoui » mis en détention

En effet, les magistrats n'ont pas hésité à suivre les recommandations du parquet de Poitiers qui n'a pas manqué à mettre en garde contre la mobilité particulière des accusés. « Ils ont été interpellés grâce à un concours de circonstances. Ils sont particulièrement mobiles, ils ont volé 5 000 euros en deux jours sans compter la revente des bijoux prévue. Ils sont connus et mis en cause dans différentes affaires ».

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Le mode opératoire est toujours le même, selon le témoignage des victimes et surtout d'une avocate de Tourcoing, dans le nord de la France, qui s'est spécialisé dans des affaires de l'arnaque à la « samaoui ». Les trois Algériennes ont été interpellées dans la rue par Adil, selon leurs témoignages devant le juge.

Les victimes, dans un état second, s'exécutaient sans broncher

« Il a demandé où était la nouvelle mosquée. Et puis la femme [Saadia, NDLR] est arrivée habillée avec un jilbeb (tenue islamique) en boitant avec une canne. Il lui a dit son avenir devant moi. Elle a fait mine d’être surprise et tremblante. Il m’a ensuite donné une pierre blanche ovale en me demandant de la serrer deux minutes. Quand j’ai ouvert ma main, la pierre était noire. J’étais dans un état second », a raconté l'une des trois victimes.

L'individu profitera de la faiblesse de ses victimes pour leur demander de ramener de l'argent et des bijoux de chez elles. À chaque fois qu'il fait cela avec une femme, elle s'exécute sans broncher, comme si elles étaient hypnotisées. Selon la Nouvelle République, une victime remettra à son « bourreau » la somme de 2 000 euros alors que la seconde lui donnera 2 400 euros. La troisième et dernière ne ramènera que 200 euros, mais Adil lui demandera de retirer 500 euros à la banque. Et ce, sans compter les bijoux en or que les victimes ont remis à l'escroc.