Alors que plusieurs organisations marocaines et internationales ont réagi au drame qu'a connu la frontière entre le Maroc et l'Espagne à Melilla, le roi du Maroc, lui, s'est muré dans son silence. En effet, 4 jours après cette tragédie qui a vu la mort de plus de 20 migrants, Mohammed VI n'a fait aucune déclaration. 

Le roi du Maroc et également son premier ministre n'ont pour l'instant fait aucune déclaration. Ce silence est considéré comme du mépris aux migrants morts, leurs familles et également leurs pays d'origine.

Les observateurs se demandent comment, devant la gravité de ces événements, le roi ne s'exprime pas. Ainsi, même si la santé du roi  pose beaucoup de question, ce dernier s'est exprimé deux jours après le drame.

Le dimanche 26 juin dernier, le roi Mohammed VI a  adressé un message de félicitations à l’Émir de l’État du Qatar, Cheikh Tamim Bin Hamad Al-Thani, à l’occasion de l’anniversaire de son accession au pouvoir. Le même jour, le souverain a fait de même avec le Président de Madagascar, Andry Rajoelina, à l’occasion de la fête nationale de son pays. Des cascades de messages de Mohammed VI qui, visiblement, a préféré garder le silence sur le drame qui a secoué son royaume.

Un drame ignoré par le roi Mohammed VI

Mohammed VI a donc choisi de ne pas réagir à la mort de plus de 20 migrants sur son territoire alors que les organisations des droits humains ne cessent de dénoncer l'usage disproportionné de la force contre les migrants.

Le Maroc, au lieu de répondre aux demandes de ces ONG d'ouvrir une enquête, a préféré de s'attaquer à l’Algérie qu'il accuse être derrière l'arrivée de ces migrants[1]Drame des migrants à Melilla : Graves accusations du Maroc contre l'Algérie et également décidé d'actionner la justice qui a entrepris des poursuite contre 65 migrants, en majorité des Soudanais, pour avoir participé à la tentative de passage dans l'enclave espagnole de Melilla depuis le Maroc.

Le parquet du tribunal de première instance de la ville marocaine de Nador (nord), limitrophe de Melilla, a en effet inculpé 37 migrants pour « entrée illégale sur le sol marocain », « violence contre agents de la force publique », « attroupement armé » et « refus d'obtempérer ». Un deuxième groupe, composé de 28 migrants, sera jugé en outre pour « participation à une bande criminelle en vue d'organiser et faciliter l'immigration clandestine à l'étranger », selon des avocats.

Il faut rappeler que plusieurs organisations internationales ont réagi à ce drame. Parmi elles, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui ont rappelé « la nécessité en toutes circonstances de prioriser la sécurité des migrants et des réfugiés, d’éviter un usage excessif de la force, ainsi que de respecter leurs droits fondamentaux ».