En France le ton est donné. Le gouvernement n'a pas de majorité absolue au parlement. Les textes proposés ne passeront pas comme une lettre à la poste, comme c'était le cas dans le précédent quinquennat d'Emmanuel Macron. Cette nouvelle donne a été vérifiée dans la nuit du 12 au 13 juillet. En effet, un nouveau projet de loi sanitaire a été adopté à l’Assemblée nationale, mais il a été amputé de deux dispositions majeures. Il s'agit du pass sanitaire pour les moins de 18 ans et l’obligation de contrôles aux frontières. 

Ainsi, l'article du projet de loi sanitaire, qui prévoyait la possibilité de réinstaurer un pass sanitaire aux frontières en cas d'aggravation de la situation sanitaire a été rejeté par la majorité des députés. Cet article en question a été rejeté grâce à un vote conjoint des oppositions (RN, LR et Nupes), toutes contre le pass sanitaire. Le gouvernement a pu faire adopter ce qu’il restait du projet de loi, par 221 voix contre 187. « L'opposition a fait son travail et la majorité étant relative, elle n'a pas pu bloquer l'opposition", résume Sébastien Chenu du rassemblement national. Le gouvernement « ne peut plus tout faire comme un bulldozer, comme il l'a fait les cinq années précédentes », ajoute-t-il.

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Il faut souligner que la France connaît actuellement une 7e vague du Covid-19, marquée par la diffusion du variant contagieux Omicron BA5. Le gouvernement appelle à la prudence et à un renforcement des gestes barrières et de la vaccination anti Covid, mais il n'impose pas de mesures coercitives.

Après l'adoption du texte imputé d'un article important pour le gouvernement, la Première ministre en a appelé au Sénat. « L’esprit de responsabilité, on l’a toujours eu au Sénat. Si elle veut compter sur le Sénat, elle doit aussi recevoir les présidents de groupes du Sénat. Sur ce texte-là, j’ai toujours été favorable au contrôle aux frontières. On aura des questions à poser sur la réintégration du personnel soignant », a répondu Bruno Retailleau, sénateur et président du groupe Les Républicains, invité de l'émission « 4 Vérités » de France 2. Donc même au Sénat, la bataille n'est pas encore gagnée pour le gouvernement, même si elle est beaucoup plus aisée.