Le film d’animation « Les larmes de la Seine », sur les événements du 17 octobre 1961 et réalisé par un groupe d’étudiants de l’université de Roubaix en France, a reçu samedi 23 juillet 2022 le prestigieux Yugo BAFTA student Awards for Animation 2022, à Los Angeles aux États-Unis.

Une autre récompense internationale pour le film d’animation « Les Larmes de la Seine ». D’une durée de 49 minutes, ce court métrage qui raconte les massacres subis par des centaines d’Algériens lors des événements du 17 octobre 1961 à Paris, et réalisée par des étudiantes et étudiants de l'école Pôle 3D à Roubaix, est récompensé par le prix ​​​​étudiant dans la catégorie « animation » aux BAFTA Awards aux États-Unis.

Le court-métrage réalisé par huit étudiants de l'école de Pôle 3D à Roubaix est déjà primé dans plus d'une trentaine de festivals internationaux. Le film est également sélectionné aux Oscars 2023 dans la catégorie « films d’animation ». Comme son nom l’indique, « Les larmes de la Seine » est  un court-métrage sur la répression du 17 octobre 1961, où plusieurs dizaines d'Algériens, sortis manifester pacifiquement à Paris, ont été jetés dans la Seine.

L’un des initiateurs et co-réalisateurs de ce film est un étudiant franco-algérien. Il s’agit de Yanis Belaid. « Je suis issu de l’immigration algérienne et polonaise en France, cet événement fait partie de moi puisque ma famille, notamment mon grand-père Mohammed Belaid, me parlait souvent de la guerre d’Algérie notamment dans le nord. J’avais vraiment l’envie profonde de parler de ce sujet », affirme-t-il dans un entretien accordé au site 3DVF.

« Les larmes de la Seine » retrace les événements du 17 octobre 1961 à Paris

Le film « Les larmes de la Seine » retrace en moins de 50 minutes ce qui s’est passé au soir du 17 octobre 1961, en montrant des points clés de la ville de Paris, autant dans l’esthétique que dans l’image. « Nous avons voulu être le plus fidèles possible sur le déroulement des événements, la similitude avec l’environnement, et les actions qui se sont produites ce soir-là : c’est donc sur ça que nous avons axé nos recherches », explique le jeune réalisateur.

« Nous ne voulions pas être accusateurs. Nous voulions montrer les faits. Faire connaître cet événement et donner envie aux gens de se renseigner sur cette nuit a été l’objectif principal de notre travail. Montrer de la violence pour montrer de la violence n’était pas notre but… Mettre de l’huile sur le feu sur un sujet aussi délicat et important, ne colle pas à notre objectif et au fond du film que l’on voulait mettre en scène », ajoute Yacine Belaid.

En 2012, la France, sous la présidence de François Hollande, a reconnu pour la première fois « les massacres du 17 octobre ». Son successeur à l’Élysée, Emmanuel Macron, a fait un pas de plus dans la reconnaissance du massacre des manifestants algériens survenu le 17 octobre 1961 à Paris. Lors d'une cérémonie organisée le 16 octobre 2021 au pont de Bezons, en banlieue parisienne, l’actuel chef de l’État français a affirmé que « les crimes commis cette nuit-là sous l’autorité de Maurice Papon sont inexcusables pour la République ».