Le ministre de l'intérieur français Gérald Darmanin confirme ses intentions de « sévir contre les délinquants étrangers » et cela malgré la polémique qu'il a suscitée suite à l’arrestation et l’expulsion d’un suspect algérien dans l'affaire de l'agression de policiers survenue à Lyon. Un suspect qui a été finalement mis hors de cause et que le ministre veut toujours expulser. Ce mardi 26 juillet, Gérald Darmanin a annoncé sur RTL, la présentation d'une loi pour lever les obstacles législatifs empêchant l'expulsion du territoire des étrangers délinquants.

Le ministre de l'Intérieur français a donc affirmé que dès la rentrée sociale du mois de septembre il va présenter une loi pour  lever « toutes les réserves » à ces expulsions. Exprimant sa détermination à aller jusqu'au bout de sa logique, malgré les réactions d'autres partis politiques et de la société civile, le ministre déclare : « notre main ne tremble pas ». Gérald Darmanin explique que cette nouvelle loi fera en sorte que même le fait « d'avoir contracté un mariage » ou d'être arrivé sur le territoire « avant un certain âge » ne va pas constituer un obstacle à l'expulsion.

La France a augmenté les expulsions au premier semestre 2022

Dans la même émission, le ministre a défendu son bilan. Il a affirmé qu'il y avait eu des progrès « depuis deux ans », date de sa prise de fonction, dans l'application des Ordonnances de quitter le territoire français (OQTF). Il a indiqué qu' « au premier semestre (2022), on a augmenté de 25 % les expulsions ». Darmanin révèle que son département a délivré  9 685 sorties du territoire (éloignements forcés et aidés). « On a augmenté de 50 % vers certains pays du Maghreb et d'Afrique ».

Il faut souligner que Gérald Darmanin est le ministre qui suscite le plus de polémique avec ses positions anti-immigration. La dernière en date est relative à un tweet sur l'expulsion d'un algérien en situation irrégulière interpellé après l'attaque de deux policiers à Lyon. Même si la personne avait été mise hors de cause, le ministre avait ensuite précisé, toujours sur Twitter, qu'elle était « connu[e] pour de nombreuses mises en cause : vol, violences, menace de mort sur personne dépositaire de l'autorité publique, détention de drogues, violences en réunion... ». Des déclarations dénoncées par plusieurs partis et personnalités politiques qui ont affirmé que la France doit rester un État de droit et que ce ministre doit respecter la séparation des pouvoirs et laisser la justice s'exprimer avant de prendre des décisions.