La visite de travail qu'effectue le président français Emmanuel Macron, du 25 au 27 août en Algérie, a été largement commentée dans les deux pays[1]Visite du président français Emmanuel Macron en Algérie : au-delà du devoir de mémoire et du gaz, Contribution. Plusieurs analystes et commentateurs sont allés jusqu'à affirmer qu'en se rendant en Algérie, Emmanuel Macron allait discuter avec les autorités algériennes de nouveaux contrats pour l'approvisionnement de la France en gaz naturel.

Depuis le début de la guerre menée par la Russie en Ukraine, la carte énergétique du monde est bouleversée. De nombreux pays d'Europe ont vu leurs quotas de livraison de gaz depuis la Russie revus à la baisse en raison du soutien de ces pays à l'Ukraine. La décision de la Russie fait redouter une pénurie de gaz dans en Europe durant cet hiver. Les pays de l'Union européenne sollicitent alors d'autres fournisseurs.

Parmi les fournisseurs qui constituent une solution de rechange au gaz russe pour ces pays de l'Europe se trouve l'Algérie[2]L'Algérie pourra-t-elle compenser une éventuelle coupure du gaz russe en Europe ?. Classée 10e producteur et 7e exportateur de gaz naturel au monde, l'Algérie est sollicitée de toutes parts depuis le début de la guerre en Ukraine. De nombreux pays, notamment du sud de l'Europe, ne cessent de demander à l'Algérie de revoir à la hausse les quantités de gaz naturel qu'elle leur fournit.

C'est le cas de l'Italie, qui a récemment vu son quota de livraison de gaz algérien revu sensiblement à la hausse[3]Abdelmadjid Tebboune annonce une convention de 4 milliards de dollars : du gaz à flots pour l'Italie. L'Espagne, malgré sa crise politique avec l'Algérie, compte toujours sur les livraisons de gaz depuis les raffineries de voisin du sud via le gazoduc Medgaz. Les contrats signés entre l'Algérie et l'Espagne assurent en effet une livraison régulière du gaz algérien[4]« L'Algérie est un pays fiable », le clin d'œil du PDG espagnol d'Enagás.

La France dépend de 8 à 9 % du gaz algérien

D'ailleurs, le président Emmanuel Macron, qui se trouve en visite de travail à Alger, a salué l'aide « à la diversification des approvisionnements en gaz de l'Europe apportée par l'Algérie ». Emmanuel Macron a toutefois tenu à affirmer que, contrairement à d'autres pays du sud de l'Europe, la France ne dépend pas du gaz algérien. « Nous ne sommes pas en compétition avec l'Italie sur le gaz algérien », a assuré Emmanuel Macron dans une déclaration à la presse le 26 août à Alger.

« C'est bon pour l'Italie, c'est bon pour l'Europe et ça améliore la diversification de l'Europe », ajoute Macron, qui a tenu à démentir que son voyage en Algérie soit dicté par des besoins de la France en matière énergétique. « La France dépend peu du gaz dans son mix énergétique, à peu près 20 %, et dans cet ensemble, l'Algérie représente 8 à 9 %, on n'est pas dans une dynamique où le gaz algérien pourrait changer la donne », a-t-il souligné. Macron a rappelé que son pays avait déjà « sécurisé ses volumes pour l'hiver » et que « les stocks sont à 90 % ».