L’Espagne ne désespère pas de remettre sur pied ses relations avec l’Algérie en crise depuis des mois. Crise énergétique oblige, elle multiplie les appels du pied auxquels Alger ne répond pas pour le moment, du moins de façon officielle. La crise algéro-espagnole risque de perdurer.

Après le chef du Gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, qui a exprimé, en deux fois, son désir d’être reçu par Alger, c’est au tour de son ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, de tenter d’amener les autorités algériennes à de meilleurs sentiments. Lors d’une conférence de presse qu’il a animée avec son homologue portugais à Séville (Espagne), José Manuel Albares a, en effet, indiqué que son pays aspirait à avoir "les meilleures relations avec l'Algérie", des relations, a-t-il ajouté, qui "soient mutuellement bénéfiques". Le chef de la diplomatie ibérique a également évoqué "l’amitié entre les deux peuples, algérien et espagnol, qui "doit perdurer".

A l’image de Pedro Sanchez, Albares a évité d’évoquer les causes de la crise algéro-espagnole dont la principale est, rappelons-le, le soutien franc apporté par Madrid à la proposition marocaine d'autonomie pour le Sahara occidental. Position que l’Algérie a alors considérée comme une "violation grave du droit international", et suite à laquelle elle a suspendu le traité d’amitié qui lie les deux pays depuis 2002.

Crise algéro-espagnole : L'Espagne veut gagner l'Algérie, sans fâcher le Maroc

La détérioration des relations entre les deux pays, à la lumière de la guerre en Ukraine, a mis l’Espagne dans de sales draps. En effet, la crise énergétique qui s’en est suivie a fait que l’Algérie soit en position de force dans cette négociation qui ne révèle pas tous ses "arrière-pensées". Et Alger qui, jusqu’à présent, garde un silence serein, semble avoir compris que ce que veut l’Espagne, c’est une solution très peu, voire pas du tout, coûteuse à la crise algéro-espagnole.

José Manuel Albares a, en effet, soutenu que son pays voulait "avoir avec l'Algérie les mêmes relations que celles que l’Espagne entretient avec tous ses voisins, à savoir le respect mutuel et la non-ingérence". Et de préciser que ces relations ne doivent pas être au détriment du Maroc. "Nous ne voulons pas que la relation très solide que nous sommes en train de construire avec le Maroc, qui est si bénéfique pour l'Espagne, et surtout pour l'Andalousie, soit un obstacle à la relation que nous entretenons avec l’Algérie", a-t-il affirmé dans une tentative de mettre ses deux voisins sur le même pied d'égalité.