Le président du gouvernement d'Espagne, Pedro Sánchez, n'en démord pas : il tient absolument à être reçu par l'Algérie en vue de relancer les relations bilatérales qui, depuis des mois, sont au point mort.

Dans un entretien accordé à Cadena SER, une station radio espagnole, Pedro Sánchez a renouvelé son souhait de se rendre en Algérie dans le but de « redonner une nouvelle orientation » aux relations entre les deux pays. Cependant, il a évité de trop s'étaler sur les dessous de la discorde ainsi que sur les efforts diplomatiques consentis par son pays pour rétablir des relations normales avec Alger.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que le Chef du gouvernement espagnol exprime son souhait d'être reçu par Alger[1]Le président du gouvernement d'Espagne veut se rendre en Algérie. En date du 30 août 2022, au cours d'une réunion sur la question de l'énergie avec le chancelier allemand Olaf Scholz, à Merseburg (Allemagne), Pedro Sánchez a déclaré : « J'aimerais être celui qui ira en Algérie ».

Le gaz, l'enjeu majeur des relations entre l'Algérie et l'Espagne

L'Espagne, à en croire les manœuvres de son chef du gouvernement, semble prendre le contentieux, dont l'origine est son soutien au projet d'autonomie marocain au Sahara occidental, très au sérieux. En effet, l'insistance de Pedro Sánchez sort légèrement de la « déontologie » diplomatique et dénote de l'intérêt que l'Espagne tend à « réparer » ses relations avec l'Algérie.

Il va de soi que le gaz algérien est au cœur de cet intérêt, notamment à la lumière des dernières évolutions – dont la plus importante est les perturbations, souvent voulues, de l'approvisionnement de l'Europe en gaz russe. En effet, les spécialistes de tout bord prévoient un hiver « froid » pour l'Europe, et le gaz algérien – les pays européens ne l'ont que trop bien compris – est à même de l'adoucir[2]L'Algérie pourra-t-elle compenser une éventuelle coupure du gaz russe en Europe ?.

La question qui se pose est la suivante : « est-ce que l'Algérie va céder aux clins d'œil ibériques répétitifs ? » Cependant, une chose demeure certaine : elle ne le fera pas sans peser de tout son poids sur la position de l'Espagne concernant la question du Sahara occidentale.