A l’approche de l’hiver, l’Europe – politiques et institutions – multiplie les démarches vis-à-vis de l’Algérie dans le but d’atténuer la crise du gaz qui s’annonce. Cette fois-ci, c’est le président de la Commission européenne, Kadri Simson, qui a exprimé la volonté de l’Union européenne de relancer un dialogue longtemps négligé.

En effet, en marge d’une rencontre des 27, destinée à chercher des solutions pour limiter l’impact de la crise du gaz durant l’hiver, Kadri Simson indique que "l’UE prévoit de relancer le dialogue avec l’Algérie sur l’approvisionnement en gaz". "Pour les prochaines semaines, je prévois de renouer le dialogue énergétique avec l’Algérie, avec laquelle j’ai déjà eu des contacts le mois dernier", a-t-elle fait savoir.

"Nous avons considéré que, dans les circonstances internationales que l’on connaît, la coopération énergétique est évidemment essentielle. Nous voyons dans l’Algérie un partenaire fiable, loyal, engagé sur le terrain de cette coopération en matière énergétique", a encore dit la responsable européenne qui a affiché la prédisposition de l’UE à répondre aux exigences algériennes, notamment en ce qui concerne la révision de l’Accord d’association. Et d’ajouter : "Nous avons une ambition commune pour la stabilité, pour la sécurité, pour la prospérité, et en cela, on a pu évoquer un certain nombre de situations liées au voisinage, liées aussi au contexte géopolitique".

Crise du gaz : Le dialogue longtemps négligé entre l'Europe et l'Algérie

Cette déclaration vient, pour rappel, après plusieurs démarches diplomatiques entreprises vis-à-vis de l’Algérie, notamment suite à la crise algéro-espagnole qui jette du flou sur les relations entre les deux parties (Algérie et Europe). Parmi ces démarches, il y a lieu de citer la visite, lundi 5 septembre, du président du Conseil européen, Charles Michel.

"Nous avons considéré que dans les circonstances internationales que l'on connait, la coopération énergétique est évidemment essentielle et nous voyons dans l'Algérie un partenaire fiable, loyal, engagé sur le terrain de cette coopération en matière énergétique", avait déclaré Charles Michel à l'issue d'un entretien à Alger avec le chef de l'Etat Abdelmadjid Tebboune. Ses gestes multiples, dictés par l’instabilité de l’approvisionnement des pays européens depuis la Russie, viennent relancer le dialogue entre l’Europe et l’Algérie depuis longtemps négligé. En effet, depuis la chute des prix des hydrocarbures, amorcée aux alentours de 2014, les pays producteurs ont perdu un argument majeur de négociations. La guerre en Ukraine est venue créer la crise du gaz et leur redonner l’importance qui était la leur.