Rapatriement des migrants en situation irrégulière, réduction drastique du nombre de visas, rareté des visites officielles à même de réchauffer les relations bilatérales… autant de sujets qui jettent le froid sur les relations franco-marocaines. Pis encore, ils nourrissent un sentiment anti-français et font que les relations entre les deux pays prennent une tournure inédite.

C’est du moins le constat que fait l’auteur et membre de la CSMD (Commission sur le Nouveau Modèle de Développement), Fouad Laroui, qui estime que ce sentiment touche également l’élite francophone du pays. "Je rencontre tous les jours des Marocains profondément déçus par le refus opposé à leur demande de visa alors qu’ils remplissent toutes les conditions exigées.

Francophones, francophiles – expression à mettre au passé, peut-être –, ils avaient l’habitude de se rendre une ou deux fois l’an dans le pays où ils ont fait leurs études et où ils conservent des amitiés. Par la force des choses, ils se tournent maintenant vers d’autres pays", dit l’écrivain dans un entretien qu’il a accordé à Médias24.

Maroc : Avec la France, "on dirait qu’une période s’achève"

Laroui est d’avis que "c’est bien le sentiment populaire qui est en jeu". "On dirait qu’une période s’achève, où le lien avec la France était naturel", confie-t-il. Et d’ajouter : "Il va peut-être devenir conditionnel, transactionnel. Donnant-donnant. Sans faire de sentiment".

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Interrogé sur la question de la langue française à laquelle le Maroc, suite à la détérioration de ses relations avec l’Hexagone, voudrait substituer l’anglais, l’écrivain répond : "passer à l’anglais ne signifie pas rompre avec le français, qui a joué un rôle important pour le Maroc au XXe siècle. Je note que certains séminaires scientifiques de très haut niveau se tiennent en anglais, au cœur de Paris. Pour autant, la France ne va pas devenir anglophone… Je rêve d’un avenir où les Marocains seront trilingues (ou plus…) sans complexes. Le français reste une formidable langue de culture".