Depuis le changement de sa position sur le Sahara occidental, l'Espagne subit les foudres de l'Algérie. La guerre en Ukraine, qui a remis la question de fourniture du gaz au centre des préoccupations de l'Europe, a chamboulé les calculs du gouvernement espagnol, qui se trouve contraint de payer le gaz algérien plus cher. Cette nouvelle donne a finalement amené le Royaume ibérique à nuancer sa position ; pour la deuxième fois, Pedro Sánchez a évité d'évoquer la proposition marocaine en parlant de la question du Sahara occidental. 

Ainsi, le président du gouvernement espagnol, qui s'est exprimé à l'occasion de la 77e assemblée générale de l'ONU, a évoqué la question du Sahara occidental sans faire référence à la proposition marocaine de l'autonomie élargie. Est-ce un changement de position ou seulement un recul conjoncturel pour ne pas irriter l'Algérie ?

Dans son discours, Pedro Sánchez a affirmé que l'Espagne soutient une « solution politique mutuellement acceptable dans le cadre de la Charte des Nations unies et des résolutions du Conseil de sécurité » au règlement de la question du Sahara. Lé président du gouvernement espagnol a également indiqué que « l'Espagne continuera également à soutenir la population sahraouie dans les camps de réfugiés comme elle l'a toujours fait, en tant que principal donateur international d'aide humanitaire dans ce contexte ». Et d'ajouter que son pays soutiendrait « pleinement le travail de l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU », travail que Pedro Sánchez juge « absolument crucial ».

Espagne - Sahara occidental : Le gaz algérien a pesé dans la balance

Pedro Sánchez n'a donc pas soutenu les propos du chef du gouvernement marocain, qui a affirmé à l'ONU que « la solution devrait être basée sur l'initiative marocaine d'autonomie comme seule solution à ce conflit tout en respectant l'intégrité territoriale et la souveraineté du royaume ». Ce discours du président du gouvernement espagnol est très éloigné de ses propos tenus en mars 2022. C'est à cette période que Pedro Sanchez avait envoyé un message au roi Mohammed VI dans lequel il avait déclaré que son pays « considère l'initiative marocaine d'autonomie, présentée en 2007, comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend ».

Cette nouvelle volte-face dans la position de l'Espagne révèle la situation dans laquelle se retrouve l'Espagne surtout concernant son approvisionnement en gaz[1]Les prix du gaz algérien exporté vers l'Espagne pourraient tripler. La guerre menée par la Russie en Ukraine a produit des changements géopolitiques profonds dans les relations internationales et l'énergie s'impose comme un atout pour plusieurs pays ; dont l'Algérie.