La lune de miel entre l'Algérie et la France se prolonge… Après la visite de président français Emmanuel macron en Algérie, c'est au tour d'Élisabeth Borne, Première ministre, d'atterrir à Alger pour une visite de 2 jours ; les 9 et 10 octobre. Ce regain d'intérêt de la France pour l'Algérie suscite des interrogations. En effet, pourquoi Élisabeth Borne se rend-elle en Algérie ?

L'Europe risque de manquer de gaz en raison de la guerre menée par la Russie en Ukraine. L'hiver sera donc froid pour les Français et l'Algérie, producteur de gaz, peut contribuer au moins à réchauffer quelques foyers cet hiver. C'est une explication simple des motivations de la visite de la Première ministre française. Cependant, dans les relations entre États, les choses ne sont pas aussi simples et limpides.

En effet, dans le langage diplomatique, la visite d'Élisabeth Borne a pour objectif de concrétiser, avec son homologue algérien Aïmene Benabderrahmane en comité intergouvernemental, le « partenariat » conclu entre les chefs des deux États fin août. Cette visite est donc programmée « en ligne avec la Déclaration conjointe d'Alger pour un partenariat renouvelé entre l'Algérie et la France ». Ainsi, « les membres des gouvernements français et algérien se réuniront pour réaffirmer leur détermination à promouvoir l'amitié entre la France et l'Algérie et approfondir la coopération bilatérale dans les domaines d'intérêt commun », affirment des sources françaises. Encore, des déclarations vagues et ambigües !

Concrètement, la presse française affirme que cette visite sera l'occasion de faire des annonces ; comme une possible augmentation des livraisons de gaz algérien en direction de la France. Donc pour les Français, la visite d'Élisabeth Borne a pour principal objectif l'augmentation des livraisons de gaz algériens vers la France.

Mais que va réclamer l'Algérie à la France ?

Ainsi, la France a froid et veut du gaz, mais que voudra l'Algérie en retour ? En augmentant les livraisons de gaz, l'Algérie a la possibilité – ou encore le pouvoir – d'exiger certaines mesures en contrepartie. Comme lors de la visite d'Emmanuel Macron, l'Algérie réclame de réanimer la souplesse dans le traitement des dossiers de visas des Algériens. L'Algérie pourra également discuter du remboursement des frais de visas non accordés et des frais de demande jugés excessifs par les Algériens[1]La France appelée à rembourser les frais de visas refusés. Enfin, la question de la mémoire est omniprésente dans les relations franco-algériennes et pèsera lors de cette visite. La France sera appelée à faire de nouveaux gestes, même symboliques, envers l'Algérie.