Le dinar algérien traverse une nouvelle phase. Il a connu une hausse considérable au niveau du marché officiel, mais qui n'a pas impacté le marché parallèle. Au contraire, le dinar algérien recule devant l'euro et le dollar sur les principaux lieux de change « au noir ».

Ce lundi 26 septembre, l'euro est échangé à 136,15 dinars à l'achat et 136,18 dinars à la vente. Devant le dollar étasunien, la monnaie nationale algérienne reste stable : le dinar s'échange à 140,59 dinars à l'achat et 140,61 à la vente. Cependant, la question se pose sur cette soudaine amélioration de la valeur du dinar.

Plusieurs experts ont prévu cette hausse du dinar, mais pas à cette vitesse. Donc le dinar s'apprécie plus rapidement que prévu. Il reste à savoir si cette appréciation sera durable ou éphémère. Pour l'expert financier Souhil Meddah, qui s'est exprimé sur les colonnes du journal Le Jeune Indépendant[1]Hausse du dinar : « Il faut engager une compétitivité économique, Le Jeune Indépendant, « à ce jour, il y a de nombreux pronostics et de nombreux calendriers fournis par des analystes spécialistes. Mais de façon objective, cette situation est totalement conjoncturelle, car s'il y avait des éléments structurels, nous n'aurions jamais eu un taux d'appréciation à deux chiffres aussi fort et aussi rapide ».

L'expert explique qu'« il faut déjà considérer qu'actuellement, [le dinar algérien] réagit directement à une situation conjoncturelle donnée ». Il préconise de « profiter de cette situation pour engager [une] compétitivité économique en comptant sur une politique monétaire plus souple et plus adaptée à la conjoncture. Notre politique peut même anticiper une reprise de l'euro en misant sur une réduction du taux directeur et en maintenant une parité d'intermédiation équilibrée entre le dinar et les deux grandes monnaies ».

Ainsi, l'appréciation du dinar dans cette conjoncture ne veut surtout pas dire que l'économie nationale est en bonne santé. Elle révèle juste que tant que les hydrocarbures se maintiennent à des prix très élevés, la monnaie algérienne va bien. Cependant, rien ne garantit que la hausse des prix des hydrocarbures va durer, surtout avec les craintes de récession en Europe.

Le marché noir décorrélé du marché officiel

Par ailleurs, sur le marché noir, la situation est totalement différente. L'euro a atteint les 213 dinars et n'est pas du tout impacté par le marché officiel. Cette hausse de l'euro, mais également du dollar, est révélatrice de l'indépendance du marché noir par rapport au marché officiel. En effet, ce marché n'est pas régi par les mêmes règles et répond essentiellement à la loi de l'offre et de la demande, mais également au bon vouloir des cambistes, qui arrivent à spéculer sur les valeurs de l'euro et du dollar étasunien.

Donc, l'euro et le dollar sont en hausse sur le marché noir. Cela est le résultat de la forte demande sur ces deux devises. Les Algériens sont nombreux à se rendre à l'étranger après la période des vacances. Les étudiants sont encore nombreux à solliciter l'offre en devises du marché noir afin de pouvoir financer leurs études et leurs déplacements à l'étranger. Ainsi, la hausse des cours se nourrit d'une demande plus que jamais forte. Le mois de septembre, qui a connu de fortes chaleurs, a aussi encouragé les Algériens à partir en Tunisie, en Turquie, en Égypte ou encore aux Émirats arabes unis pour leurs vacances.

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