Pour un nouveau débarqué au Canada, trouver un emploi dans son domaine d'expertise n'est guère chose facile, en dépit de la pénurie de main-d'œuvre à laquelle font face les provinces du pays. À en croire Statistique Canada, cette difficulté est dictée, entre autres, par le fait que les recruteurs demandent une expérience « canadienne ».

Le même organisme a néanmoins noté une baisse historique du taux de chômage des immigrants en août 2022. Mais ce taux est demeuré supérieur au taux de chômage enregistré au cours du même mois pour les personnes nées au Canada. Gouled Hassan, coordonnateur de projet chez Contact interculturel francophone de Sudbury, affirme que « face au taux de chômage des immigrants, il est encore difficile pour les nouveaux arrivants d'avoir un emploi dans leur domaine d'expertise ». « Il existe toutefois une ouverture au niveau de certains employeurs », ajoute-t-il. Yasser Boukrab, directeur des ressources humaines et du bien-être des employés au Centre francophone du Grand Toronto, croit que « la question de l'expérience canadienne demeure primordiale dans certaines catégories d'emploi pour les métiers réglementés ». « C'est parce que les pratiques et les normes sont différentes », dit-il.

Canada : revoir ses ambitions à la baisse pour pourvoir travailler

Cette situation, témoigne Gouled Hassan au micro de Radio Canada[1]De nouveaux arrivants peinent à trouver un emploi malgré la pénurie de main-d’œuvre, Radio Canada, « pousse certains nouveaux arrivants à changer de domaine d'expertise ou à réduire leurs ambitions ». Ainsi, explique-t-il, « le fait d'accepter un poste hors de leur champ d'expertise représente une stratégie de survie pour certains ». Il note que ces derniers se tournent vers des emplois plus accessibles « le temps de poursuivre leurs recherches pour obtenir un poste selon leurs compétences. Mais plusieurs se retrouvent pris dans ce cercle vicieux », regrette Gouled Hassan. De son côté, M. Boukrab, également invité de Radio Canada, croit que le marché de l'emploi est de nos jours plus ouvert que par le passé. « Les mentalités ont évolué d'une façon positive », considère-t-il. « On adopte maintenant l'approche de la diversité, de l'inclusion pour faciliter le processus d'intégration au marché de l'emploi », ajoute M. Boukrab.