Le nombre d'expulsions d'étrangers se trouvant en situation irrégulière en France a nettement augmenté en 2022 par rapport à 2021, a rapporté la chaîne Europe 1 cette semaine. De janvier au mois d'août 2022,  12'708 sorties du territoire français ont été enregistrées, soit une augmentation de 20 % par rapport à la même période de l'année dernière. 

La lutte contre l'immigration clandestine constitue une des priorités du gouvernement français ces quelques dernières années. Son ministre de l'Intérieur, Gerald Darmanin, s'est montré intransigeant sur la question. Il a instruit à plusieurs reprises les préfets de la République française d'appliquer la loi rigoureusement en expulsant les sans-papiers étrangers, surtout ceux déclarés coupables d'actes de radicalisation et de délinquance.

Cela dit, cette volonté affichée à en finir avec ces ressortissants étrangers s'est avérée insuffisante. Ainsi, entre 2017 et 2019, seulement 12 % des obligations de quitter le territoire français (OQTF) des 22'839 prononcées ont été exécutées[1]Voici pourquoi la France n'expulse pas les migrants malgré des obligations de quitter le territoire.

12'708 expulsions du territoire français exécutées en 2022

Plusieurs contraintes sont en effet venues contrarier les plans du ministre de l'Intérieur et du gouvernement du président Emmanuel Macron. Les  responsables français ont accusé certains pays d'être la cause de cet état de fait. Ils reprochent à ces derniers, dont l'Algérie, le Maroc et la Tunisie, de ne pas coopérer avec eux en refusant de reprendre leurs clandestins.

Pour obliger les gouvernements de ces pays à plus d'implication, Gerald Darmanin a opté pour le chantage sur les visas[2]La France sanctionne l'Algérie et réduit le nombre de visas Schengen aux Algériens. Une décision prise en septembre 2021 et qui consiste à réduire le nombre de visas accordés aux ressortissants de ces pays pour les inciter à reprendre les « indésirables » parmi leurs ressortissants en situation en régulière en France. Une mesure qui n'a cependant pas apporté les résultats escomptés[3]La pression via la réduction des visas pour l'Algérie, la Tunisie et le Maroc a échoué, reconnaît Darmanin. Cela même si le nombre d'OQTF a augmenté de 20 % comparativement à l'année dernière. Le ministère de l'Intérieur français fait état de 12'708 sorties du territoire exécutées en 2022 contre 10'574 en 2021.