À la veille de la commémoration du 68e anniversaire du déclenchement de la guerre d'Algérie, l'histoire reprend ses droits dans les médias. Cependant, l'histoire est écrite par des plumes d'hommes, à quelques exceptions près. C'est le cas de la réalisatrice Bouchera Azzouz, qui donne la parole à des femmes dans son nouveau documentaire « Algériennes en France : l'héritage ».

Dans ce documentaire qui sera diffusé le 2 novembre 2022 à 22:45 sur la chaîne française France 2, la réalisatrice donne la parole à quatre femmes de générations et de milieux sociaux différents. Ces femmes sont en relation avec l'Algérie – descendantes d'Algériens ou elles-mêmes originaires d'Algérie. Elles parlent de leurs rapports avec ce pays et aussi du rapport qu'elles entretiennent avec la France.

Il s'agit Djamila Amrane, qui œuvre dans l'association « Africa », dédiée aux femmes migrantes victimes de violences. Cette femme dévoile dans ce documentaire le quotidien d'une militante FLN alors jeune mariée de 16 ans en banlieue parisienne. Un engagement qui, sans transition, la fait passer d'adolescente à jeune femme en quête de sa propre liberté.

La deuxième femme est Samia Messaoudi, journaliste à « Clara Magazine », animatrice sur Beur FM et auteure de livres sur le 17 octobre 1961. Elle a appris la lutte des classes, la justice et l'égalité aux côtés de son père, ouvrier automobile. Cette femme a été marquée par la marche du 17 octobre 1961 et par la marche des femmes du 20 octobre 1961. Elle consacre alors sa vie à exhumer de l'oubli ces événements tragiques, tout en s'engageant dans la lutte féministe.

Fadila Mehal est la troisième femme qui témoigne dans ce film. Elle est présidente de la fondation des Marianne de la diversité. Elle est arrivée très jeune en France. À 18 ans, elle part découvrir l'Algérie, qui est alors, en 1974, dans un élan sans précédent d'utopie socialiste. En 1978, elle revient en France avec la conviction que son combat militant, puis politique, doit se faire aux côtés de cette jeunesse issue de l'immigration qui doit trouver sa place dans une société postcoloniale.

La quatrième femme est Dalila Kerchouche, une romancière. Elle avait 1 an quand elle quitte le camp de harkis où ses parents ont été enfermés, en France, de 1962 à 1973. En retraçant le parcours de ses parents, elle révèle une histoire méconnue, celle de sa mère, une héroïne invisible.

La réalisatrice de ce film indique que « depuis qu'elle se déploie, l'histoire commune franco-algérienne s'est essentiellement écrite au masculin »[1]Algériennes en France : l’héritage, Infrarouge via France TV Pro. Elle s'interroge sur le parcours des femmes venues en France ou nées en France à l'époque de l'Algérie française, et qui ont été témoins ou actrices de la guerre de libération en 1954 ou de l'indépendance acquise en 1962.

References

References
1 Algériennes en France : l’héritage, Infrarouge via France TV Pro