L'économie algérienne gagne des points dans un contexte de crise mondiale due à la guerre en Ukraine. Cette crise est une aubaine pour l'Algérie, qui a vu une forte augmentation de ses recettes pétrolières et allant jusqu'à avoir un excédent des recettes commerciales en 2022. Cependant, cette situation sera différente en 2023. L'impact des contractions de l’économie mondiale marquera la croissance du PIB algérien. C'est du moins ce qui ressort des conclusions du dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI) pour le mois d’octobre 2022.

Les prévisions du FMI pour l’année 2023 ne sont pas optimistes. Ainsi, selon le rapport de l'institution financière, la prétendue reprise de l’économie mondiale ne sera finalement pas au rendez-vous en 2023. Ce rapport indique que si les indicateurs actuels perdurent, l’économie algérienne va connaître un ralentissement. Dans son rapport de ce mois d’octobre, le Fonds prévoit pour l’Algérie un taux de croissance à seulement 2,6 % durant l’année prochaine. Un taux qui ne cadre pas avec celui prévu dans le projet de la loi de finances 2023 et qui est de 4,1 %.

Dans son rapport du mois d'octobre, le FMI explique les raisons de la contraction de l'économie mondiale pour l’année 2023. L'institution cite en premier lieu l’inflation qui n’épargne aucune région du monde, avec des hausses de prix inédites, empêchant la reprise de la croissance économique. « L’activité économique mondiale subit un ralentissement généralisé et plus marqué qu’attendu, avec une inflation qui atteint des niveaux jamais vus depuis plusieurs décennies. La crise du coût de la vie, le durcissement des conditions financières dans la plupart des régions, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les effets persistants de la pandémie du covid-19 sont autant de facteurs qui pèsent lourdement sur les perspectives », a souligné le rapport du FMI.

Un baril de pétrole à 150 dollars pour atteindre l'équilibre budgétaire en 2023

L'institution financière s’est également penchée dans son dernier rapport sur la situation des pays pétroliers, notamment en ce qui concerne l’équilibre budgétaire de leurs économies respectives. Les experts du FMI se sont attelés dans ce rapport à définir un seuil du prix du baril à partir duquel chacun sera en mesure d’atteindre son équilibre.

Pour l’Algérie, le rapport estime que cet équilibre pourra être assuré à partir d’un prix moyen à près de 150 dollars le baril durant l’année 2023. « L’Algérie aura besoin d’un baril de pétrole à 149,2 dollars pour assurer l’équilibre de son budget qui culminera à plus de 13'700 milliards de dinars », précise ce rapport. Là également, le gouvernement prévoit un déficit moins important dans le projet de Loi de finances 2023. Ce déficit budgétaire est de l'ordre de 5'700 milliards de dinars, soit près de 40 milliards de dollars dans le projet de la Loi de finances.

Cependant, il faut souligner que si le PLF en question prévoit des recettes pétrolières atteignant les 57 milliards de dollars avec un prix référentiel de baril à 60 dollars, les cours du pétrole évoluent actuellement au-dessus de la barre des 90 dollars, allant jusqu'à forcer les pays de l'OPEP à réduire leur production de 2 millions de barils par jour afin de ralentir cette baisse.