La présidente du Parti de l'équité et de la proclamation (PEP), Naïma Salhi, vient d'être condamnée à la prison ferme dans une première affaire. En effet, après avoir été placée en liberté provisoire par le juge d'instruction près le tribunal de Cheraga, à Alger, dans une affaire de diffamation, racisme et mise en danger de la vie d'autrui au début du mois de février, l'ex-députée de Boumerdès a été condamnée à 6 mois de prison ferme par le même tribunal.

L’ex-députée et présidente du PEP Naima Salhi est donc condamnée dans une première affaire, ce mercredi 16 novembre. Elle a écopé de 6 mois de prison ferme dans le cadre d'une affaire qui concerne des propos diffamatoires et dénonciation calomnieuse à l’encontre de Mourad Amiri, un cadre en informatique au ministère de l'Intérieur.

Il faut souligner que le procureur de la République près le tribunal de Cheraga, à l’ouest d’Alger, avait requis, le 9 novembre 2022, deux ans de prison ferme à l’encontre de cette ex-député[1]2 ans de prison ferme requis contre Naima Salhi. Le verdict est donc tombé aujourd'hui. Le parquet avait également requis une amende de 100'000 dinars à l’encontre de cette ex-députée. Cependant,  elle n'a écopé que d'une amende de 20'000 dinars. Cette condamnation est toutefois sans mandat de dépôt. Naima Salhi ne sera donc pas emprisonnée.

Les déboires de Naima Salhi avec la justice ne font que commencer

Il faut rappeler que Naima Salhi a été poursuivie pour plusieurs chefs d'inculpation. L'ex-députée d'obédience islamiste avait appelé les dirigeants de l'époque à licencier le jeune Mourad Amiri en proférant de graves accusations contre lui. Longtemps après le dépôt de plainte, Naïma Salhi a été convoquée au tribunal de Cheraga et auditionnée à deux reprises par un juge d'instruction. Ce dernier a décidé de la mettre en liberté provisoire, visiblement pour lui permettre de circuler librement, puisque s'il l'avait placée sous contrôle judiciaire, elle devrait remettre tous ses documents de voyage et se rendre régulièrement au tribunal pour signer un procès-verbal.

Il faut également souligner que Naima Salhi devrait toutefois faire face à plusieurs plaintes déposées contre elle par des citoyens et autres avocats. Le procès de ce mercredi est le premier d’une série à laquelle elle sera confrontée. Naïma Salhi est déjà impliquée dans une affaire judiciaire, après une plainte déposée par deux avocats et un journaliste en raison de ses propos jugés racistes envers la Kabylie et les Kabyles. En effet, les avocats Sofiane Dekkal et Kader Houali et le journaliste Salim Chaït ont déposé plainte contre la présidente du parti islamiste PEP pour incitation à la haine raciale et appel au meurtre.

Pendant ce dernier procès, le 2 novembre, Naima Salhi a de nouveau dérapé en qualifiant les plaignants de zouafs (zouaves). À la suite de cela, les avocats de la partie civile ont réclamé la requalification des faits. Ils ont considéré que cette ex-député devrait être poursuivie en procès relevant de la criminelle plutôt que de délit.