Après la mort de son père Hassan II en 1999, le nouveau roi du Maroc Mohammed VI a suscité beaucoup d'espoir pour son peuple. Ce jeune roi présenté comme le « roi des pauvres » s'est distingué au début de son règne par une communication moderne et une volonté de démocratiser son pays. C'est au moins ce qui ressortait de son discours. Cependant, après plus de deux décennies de règne, le quotidien des Marocains n'a pas trop changé. La situation du royaume sur plusieurs plans renseigne sur une gouvernance avec une main de fer.

En effet, même si le 23e souverain de la dynastie alaouite installée au Maroc depuis le XVIIe siècle adopte un style de gouvernance moderne, qui lui vaut une grande popularité sur le terrain, les Marocains souffrent toujours de sous-développement, de manque de libertés et les opposants de persécution. La gouvernance de Mohammed VI a fait l'objet d'un documentaire sur la chaine franco-allemande ARTE. Sous le titre « Mohammed VI, les limites du pouvoir », cette chaine de télévision dresse le portrait du roi marocain.

« Le Maroc n'est pas encore une démocratie »

« Le jeune roi a su imprimer son propre style en réformant progressivement son pays », cependant, après deux décennies de règne « le Maroc n'est pas encore une démocratie », affirme un intervenant, qui ajoute que le Maroc « est dans la voie de la démocratie ». C'est ainsi que commence ce portrait qui donne l'impression d'un spot publicitaire pour Mohammed VI dans une campagne électorale. Cependant, ce documentaire a le mérite de mettre le doigt sur certaines réalités au Maroc. « Mohammed VI est à la tête d'un pays où les inégalités sociales et identitaires sont fortes. Si le monarque manifeste une volonté de réformer, il doit néanmoins composer avec des forces contradictoires issues de la tradition et du droit coutumier », affirment les réalisateurs du documentaire, qui restent toujours dans la perspective de dédouaner le roi en ce qui concerne les retards pris par le Maroc dans plusieurs domaines.

Le roi Mohammed VI réprime

En effet, on a droit pendant au moins le début de ce portrait à certaines phrases telles que : « le métier du roi et un métier d'équilibriste au Maroc », qui vont toutes dans le sens où le roi est bon, les autres le freinent. Ainsi donc, ce documentaire met en relief surtout les contradictions liées à l’exercice du pouvoir dans le royaume. Même s'il met en évidence le côté social, avec l’appauvrissement croissant du peuple, qui contraste avec l’enrichissement de la caste gouvernante.

Ce portrait met également en exergue le fait que la population respecte, certes, la monarchie marocaine, qui selon les réalisateurs du portrait est garante de stabilité. Toutefois, il souligne le caractère absolutiste de ce régime qui pose problème. En conclusion, le documentaire affirme qu'un tel système de gouvernance rend le royaume fragile et inflammable. Le documentaire conclut également  que les manifestations sont régulièrement réprimées au Maroc, un pays dont les atouts touristiques contrastent avec la réalité de la population.