« Tu vois, le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent ». Cette célèbre réplique du film culte Le Bon, la Brute et le Truand peut se conjuguer à tous les temps. Oui, le monde se devise en deux : ceux qui « climatisent » leurs stades et ceux qui s'apprêtent à grelotter pendant l'hiver. En effet, le contraste est grand en cette fin d'année. Au Qatar, les stades sont climatisés pour la Coupe du monde, et en France, le gouvernement appelle les citoyens à baisser leurs chauffages à 19 degrés.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, le gaz est devenu un enjeu d'une très grande importance dans le monde. Les pays européens – dont la France – cherchent cette denrée rare. L'Europe risque d'avoir froid cet hiver en raison de l'arrêt des livraisons russes. La France ne trouve pas beaucoup de solutions. L'Algérie, même si elle augmente ses livraisons, ne pourra combler le manque énorme de la France et de l'Europe dans son intégralité1

Pour faire face à cette situation, la France – comme la Belgique et d'autres pays – fait appelle à la responsabilité des citoyens. Certains ministres ont même proposé de mettre des « cols roulés ». Une solution qui est plus de l'ordre de la communication qu'autre chose. D'ailleurs, les Français ont choisi d'en rire. Par contre, plus sérieusement, le gouvernement appelle à baisser les températures du chauffage et va jusqu'à proposer de  le régler à une température de 19 °C pendant l'hiver ; ce qui permet tout juste de survivre au froid.

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La France n'a pas de souveraineté énergétique

Pendant ce temps, le Qatar, grand producteur de pétrole et de gaz et pays organisateur de la Coupe du monde de la FIFA 2022, a fait le pari de climatiser ses stades pour permettre aux joueurs de se produire dans un climat clément. Ce petit pays riche du Golf en avait fait un argument de sa candidature : la technologie devait permettre de ramener les températures estivales, qui peuvent atteindre 45 °C à 50 °C, à une fourchette de 18 °C à 24 °C.

Cette solution s'ajoute aux polémiques autour de la Coupe du monde au Qatar. Plusieurs organisations soulignent qu'elle symbolise surtout le coût environnemental de la compétition. En effet, selon des ONG écologistes, la Coupe du monde 2022 affiche d’ores et déjà un bilan carbone catastrophique.

Ainsi, en 2022, le fossé se creuse entre les pays producteurs et les pays consommateurs d'énergies fossiles. En matière de gaz, il s'avère qu'il a encore de beaux jours devant lui. Les puissances économiques ne sont pas prêtes à s'en passer. Il aurait suffi d'une guerre déclenchée par un grand pays producteur pour mettre à nu la vulnérabilité énergétique des pays européens. La France peut se targuer d'avoir une souveraineté alimentaire, mais sur le plan énergétique, elle et l'Union européenne dépendent toujours d'autres pays.

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