Le Premier ministre François Legault a annoncé, mardi 29 novembre 2022, que le Québec sélectionnerait à 100 % des immigrants francophones, tandis qu’un de ses ministres appelait à un « réveil national » des Québécois face au déclin de la langue française. Hier, le 30 novembre 2022, c’était à la ministre de l'Immigration, Christine Fréchette, d’apporter une précision de taille quant à la déclaration du Premier ministre. « Le Québec voudra sélectionner à l'avenir une immigration 100 % francophone ou francotrope », a-t-elle nuancé.

La nuance, faut-il le noter, est de première importance, puisque les francotropes peuvent avoir comme langue maternelle l'arabe, le vietnamien, le laotien, le créole, le catalan, le portugais, le roumain, l'espagnol, le swahili, ou autre selon la définition consacrée. Un francotrope est, en effet, une personne dont la langue maternelle n'est pas le français, mais qui est issue d'une culture ou d'une région ayant des affinités avec la langue française.

Ainsi, Mme Fréchette est venue éclaircir les propos du Premier ministre François Legault, qui, la veille, affirmait vouloir sélectionner 100 % d'immigrants francophones d'ici 2026. Legault, en parlant de « francophones », n’a bien évidemment pas mis de côté les francotropes – du moins ce ne fut pas son intention. En effet, il avait exclu, « dans un avenir prévisible », la possibilité de rouvrir la Charte de la langue française pour ajouter l’exigence de scolarité en français jusqu’au cégep (Collège d'enseignement général et professionnel). Il a même insisté sur l’importance d’améliorer l’accès aux cours de francisation.

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320 millions de locuteurs francophones de par le monde

La ministre de l'Immigration, Christine Fréchette, s’est montrée confiante quant à la possibilité de dénicher l’immigration francophone – et francotrope – dont a besoin le Québec à l’horizon de 2026. « J'aimerais ajouter qu'il y a plus de 320 millions de locuteurs francophones de par le monde. Je ne peux pas croire que parmi ces 320 millions, il n'y en a pas suffisamment qui correspondent aux besoins, aux profils ».

Par ailleurs, le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Marc Tanguay, a réagi hier en disant qu'il ne fallait pas se priver de talents des personnes, des femmes et des hommes qui veulent venir au Québec apprendre le français. Le ministre de l'Économie et de l'Énergie, Pierre Fitzgibbon, a, pour sa part, déclaré qu'il s'attendait à ce qu'il y ait des exceptions pour certaines entreprises. « Il faut faire des exceptions. Il faut faire attention de mettre des règles générales. Chaque cas est différent. Il faudrait regarder avec les expertises qui ne sont pas dans les pays francophones », a-t-il déclaré.