Francophonie : Le français victime de la France coloniale

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La langue française recule dans les anciennes colonies. Ce constat fait l'unanimité et même le président français le reconnaît. Cela dit, il reste à en chercher les raisons. En effet, en tant que langue, le français donne accès à un trésor littéraire et scientifique énorme. Cette belle langue a été celle des élites de plusieurs pays. À l'époque de la colonisation, les leaders indépendantistes s'en sont emparés pour libérer leurs pays. Le français a été qualifié de butin de guerre par l'éminent écrivain algérien Kateb Yacine. Cependant, à notre ère, les choses changent et cette langue est attaquée de toute part dans les anciennes colonies de la France.

Ainsi, le français n'a plus sa place dans plusieurs pays jadis francophones par excellence. Son usage est remplacé par l'arabe et, plus récemment, par l'anglais. L'état des lieux est peu réjouissant pour la France. Cependant, ce recul est le fruit de luttes idéologiques et politiques. Le français est souvent lié à la France coloniale et cette langue n'est pas considérée en tant que telle. Elle est victime d'une époque que les colonisés réactualisent. Le français reste toujours le symbole de la colonisation dans plusieurs pays, notamment en Afrique du Nord[1]Francophonie : quelle influence reste-t-il à la France en Afrique ?.

Ainsi, si on fait le tour des pays francophones, l'on comprend mieux la décadence de cette langue. En Algérie, cette langue a entamé sa descente aux enfers dans les années 70 avec le lancement de la politique d'arabisation tous azimuts. Ces deux dernières années, cette tendance s'est accélérée, notamment pour des raisons politiques. Les autorités ont décidé de lancer l'enseignement de l'anglais pour que cette langue prenne progressivement la place du français. Au Maroc, les relations diplomatiques avec la France sont très difficiles, ces derniers temps. Cette situation politique a impacté la présence de la langue française et le royaume est également dans la logique de remplacer le français[2]Sommet de la francophonie : Le Maroc boude à la fois la Tunisie et la France. En Tunisie également, le français est en danger. Le président actuel, Kaïs Saïed, est un adepte de la langue arabe et remet en cause l'utilisation de la langue française.

François Legault, Premier ministre du Québec, craint un effacement progressif du français, qui tomberait alors dans le simple folklore. En cause notamment : l'immigration qui fait mécaniquement reculer le français comme langue maternelle dans un pays où l'anglais exerce une pression considérable. Montréal s'affiche de plus en plus bilingue. Les Québécois, déjà à la pointe de la législation linguistique, en ont donc remis une couche. La nouvelle loi 96 renforce la francisation de l'affichage public, des PME et de l'intégration des immigrants francophones.