Le Maroc n'est pas en bons termes avec la Tunisie ni avec la France. Ce qui a été présenté comme une brouille passagère s'éternise et le Royaume tient à le faire savoir. En effet, lors du sommet sur la francophonie qui s'est tenu en Tunisie , la délégation marocaine a été conduite par Nadia El Hnot, directrice de la Coopération et de l’Action culturelle au ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger et Représentante personnelle du chef de gouvernement auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

C'est l'un des plus bas niveaux de représentation décidés par le Maroc pour une participation à un sommet international. Le royaume chérifien adresse ainsi un message et à la Tunisie et à la France et confirme que le froid qui s'est installé n'est pas un nuage d'été. Le Maroc s'adresse également à la France en lui rappelant le discours du Roi Mohammed VI sur la prise de leurs positions par rapport au Sahara occidental. En effet, le Maroc presse la France à exprimer « avec précision » son acceptation de l’intégration du Sahara occidental au territoire marocain[1]Analyse des relations bilatérales entre la France et le Maroc. Une intégration non reconnue par les Nations unies, l’Union européenne et l’Union africaine, mais admise par certains, dont les États-Unis et l’Espagne.

Ainsi, le Maroc se positionne en porte à faux avec les résolutions de l'ONU et veut imposer sa solution dans ce conflit avec du chantage diplomatique. En ce qui concerne ce Sommet de la francophonie, il faut dire que le Maroc n'a jamais été enthousiaste pour la francophonie. Quatrième pays francophone du monde, le Maroc n’adhérera à la francophonie que sur le tard en 1981, alors que cette organisation a été lancée en 1970. Ce sommet a été donc révélateur du fossé qui se creuse de plus en plus entre le Maroc d'un côté, la Tunisie et la France de l'autre. Une crise diplomatique qui s'éternise, malgré les annonces de bonnes volontés, notamment de la part de la France[2]Des élus français appellent à dépasser la crise des visas avec le Maroc.