Face à la pénurie de main-d’œuvre, les patrons de l'hôtellerie et de la restauration demandent la régularisation des sans-papiers salariés dans le secteur. La demande, qui remonte à plusieurs mois, a été réitérée cette semaine par le chef étoilé Thierry Marx, figure de la restauration et patron du syndicat du secteur en France.

En France comme un peu partout en Europe, la pandémie de covid-19 a gravement impacté l’économie, notamment en matière d’emploi. Plusieurs secteurs d’activités se retrouvent dans le besoin d'une main-d'œuvre moins coûteuse. D’où l’idée du gouvernement français de lancer le projet d’un titre de séjour « métiers en tension ». Un titre de séjour destiné aux travailleurs sans-papiers qui sont déjà sur le territoire français.

Ce titre de séjour se veut comme une solution pour faciliter le recrutement d'étrangers, y compris ceux qui se retrouvent en situation irrégulière dans les secteurs en pénurie de main-d'œuvre. Mais selon de nombreux patrons d’entreprises et  de responsables syndicaux, le projet du titre de séjour « métiers en tension » ne répond pas aux besoins de plusieurs secteurs d’activités en France en raison de la liste réduite des métiers en tension concernés par ledit projet.

C’est le cas de la restauration et de l’hôtellerie, l’un des secteurs les plus impactés par la crise de covid-19 et qui a besoin aujourd’hui de main-d’œuvre. Un secteur qui attire aussi les migrants sans-papiers, comme le démontrent les chiffres avancés par le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH). Dans un entretien accordé le 4 décembre au JDD, le célèbre restaurateur et chef étoilé Thierry Marx a fait état de plus de 200'000 postes d’emploi non pourvus dans la restauration et l’hôtellerie, d’où la demande de son syndicat d’intégrer le secteur dans la liste des métiers en tension.

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Thierry Marx demande une régularisation rapide des travailleurs sans-papiers en restauration et hôtellerie

« Il faudrait déjà que notre secteur, la restauration, soit considéré comme en tension de recrutement ! Nous avons 200'000 postes non pourvus et, étonnamment, ils ne figurent pas sur la liste permettant de recruter du personnel étranger. Même chose pour l’hôtellerie, alors que nous manquons de bras en cuisine, réception, housekeeping… Or, ces carences de personnels empêchent le développement de l’activité, voire son maintien à niveau », s’insurge Thierry Marx.

« Nous demandons une régularisation rapide de nos salariés étrangers reconnus pour leurs compétences et qui se retrouvent plongés dans l’illégalité du jour au lendemain. L’UMIH la réclame depuis longtemps », explique le chef étoilé. « Ces travailleurs vivent en France depuis de nombreuses années, sont intégrés, ont un logement, un projet professionnel dans lequel ils s’épanouissent. Ils ne posent aucun problème. Et un jour, sans que l’on comprenne pourquoi, leur titre est suspendu », ajoute-t-il.