La question de l'immigration en France occupe les espaces médiatiques et politiques depuis des décennies. Les Français sont divisés sur cette question selon leurs orientations politiques. En effet, deux familles politiques se déchirent sur cette question qui revient à chaque fait-divers impliquant des immigrés. Ainsi, si pour certains, l'immigration est une chance pour la France, pour d'autres, elle représente un danger. 

En cette fin d'année, pendant la préparation de la nouvelle loi sur l'immigration, les langues se délient et le débat s'accentue. Les politiciens qui ont vocation de discuter de la question sont rejoints par des responsables sécuritaires qui ne se gênent pas de s'impliquer dans ce débat. C'est le cas de Pierre Brochand, ancien DGSE et ambassadeur. Cet ancien responsable estime dans son texte lu devant l'Amicale gaulliste du Sénat que « l'immigration menace la paix civile » en France.

Cet ancien responsable sécuritaire dresse un tableau très sombre de l'immigration. Il préconise de réduire drastiquement les arrivées de migrants en France et affirme : « on n'a pas compris grand-chose à l'immigration actuelle si l'on n'a pas perçu d'emblée qu'elle était virtuellement conflictuelle, que ces conflits n'étaient quantitatifs, mais qualitatifs, et donc insolubles ». Cet ancien responsable indique qu'il existe 3 facteurs principaux qui permettent d'étayer ce constat : « la discorde religieuse, théoriquement enterrée en 1905 », mais aussi « l'antagonisme colonial, en principe clos en 1962 » et enfin « le fléau du racialisme, dont nous pensions être libérés depuis 1945 ».

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Pour l'ancien patron des services secrets, pour mener une véritable politique d'immigration efficace, il faudrait diviser l'immigration illégale par 10, mais aussi diviser par 20 ou 30 les visas accordés aux pays à risques, y compris les visas étudiants, mettre fin à l'acquisition automatique de la nationalité et enfin supprimer toutes les prestations non contributives.

Il faut dire que cet ancien responsable reprend dans sa déclaration les positions de l'extrême droite française qui est défavorable à l'immigration. Cette position est aussi en contradiction avec plusieurs rapports qui soulignent le besoin de la France d'immigrés. La crise du post-covid a mis en évidence les carences de la France en main-d'œuvre et la meilleure preuve de ce besoin. Depuis, les responsables français ont décidé de mettre en place un titre de séjour spécial pour ceux qui exercent des métiers dits « sous tensions »1.


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