Immigration : « Les pays qui ne jouent pas le jeu sont essentiellement ceux du Maghreb »

Le sujet de l'immigration revient en force en France. Le débat est lancé sur cette question depuis plusieurs semaines et va encore s'accaparer le champ médiatique pour d'autres semaines. Les différents courants politiques s'expriment sur la question dans ce contexte où une nouvelle loi sur l'immigration est en préparation. 

Ainsi, entre ceux qui considèrent l'immigration comme une richesse et ceux qui trouvent que les immigrés sont la raison du « recul de la France », le débat est acharné. C'est dans ce contexte tendu entre les deux courants que Didier Leschi, directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration, s'est exprimé. Invité de La Matinale de CNews, il est notamment revenu sur les difficultés que rencontre la France avec certains pays pour faire rapatrier les immigrés clandestins.

Didier Leschi estime donc qu'« il faut faire comprendre aux pays de départ et qui sont souvent des pays à qui on accorde beaucoup de visas, qu'ils acceptent de jouer le jeu et de reprendre ceux qui n'ont pas à rester sur le territoire français ». Il souligne que « ce sont essentiellement les pays du Maghreb et du reste de l'Afrique qui sont concernés, c'est là où les flux migratoires sont les plus importants. Je rappelle que les deux premières nationalités qui traversent la mer Méditerranée depuis l'Espagne sont les Algériens et les Marocains ».

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Immigration : Le sujet qui divise en France

Il faut dire qu'en cette fin d'année, le débat sur l'immigration n'est pas seulement l'apanage des politiciens. Il y a quelques jours, Pierre Brochand, ancien DGSE et ambassadeur, a estimé dans son texte lu devant l'Amicale gaulliste du Sénat que « l'immigration menace la paix civile » en France. Cet ancien responsable sécuritaire avait dressé un tableau très sombre de l'immigration. Il avait  préconisé de réduire drastiquement les arrivées de migrants en France et avait affirmé : « on n'a pas compris grand-chose à l'immigration actuelle si l'on n'a pas perçu d'emblée qu'elle était virtuellement conflictuelle, que ces conflits n'étaient quantitatifs, mais qualitatifs, et donc insolubles ». Cet ancien responsable avait indiqué qu'il existe 3 facteurs principaux qui permettent d'étayer ce constat : « la discorde religieuse, théoriquement enterrée en 1905 », mais aussi « l'antagonisme colonial, en principe clos en 1962 » et enfin « le fléau du racialisme, dont nous pensions être libérés depuis 1945 ».

Il faut dire que ces responsables reprennent les positions de l'extrême droite française, qui est défavorable à l'immigration. Cette position est aussi en contradiction avec plusieurs rapports qui soulignent le besoin de la France d'immigrés. La crise du post-covid, qui a mis en évidence les carences de la France en main-d'œuvre, est la meilleure preuve de ce besoin. Depuis, les responsables français ont décidé de mettre en place un titre de séjour spécial pour ceux qui exercent des métiers dits « sous tensions ».

Cependant, il faut souligner que le débat n'est pas encore clos. La France souffre effectivement d'un taux élevé de délinquance. Ce constat est partagé par la classe politique de différentes obédiences. Toutefois, au-delà du constat, ces politiciens et analystes divergent sur les raisons de cette délinquance. Pour certains, ce sont les immigrés, pour d'autres c'est surtout le recul du pouvoir d'achat et des prestations sociales, mais également des politiques successives des pouvoirs, qui ont baissé les moyens de lutte contre cette délinquance.


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