Un Algérien, ex-pensionnaire de la prison américaine de Guantanamo, fait face à la justice en France pour propagande djihadiste. Le procès en appel de Saber Lahmar, qui a lieu à Paris entre le mercredi 18 et jeudi 19 janvier, fait suite à sa condamnation en première instance à 10 années de prison ferme avec interdiction de territoire français.

En fait, Saber Lahmar a fait six années à Guantanamo, la prison américaine de l'île de Cuba. Il a été innocenté par la justice américaine après avoir été soupçonné d'avoir fomenté un attentat contre l'ambassade US en Bosnie Herzégovine. Il sera ensuite accueilli, du temps de Nicolas Sarkozy, en France où il s'est installé en Gironde, jouant le rôle de prédicateur dans différents établissements, notamment dans une salle de prière illégale à Bordeaux.

Mais ce qui est reproché à ce ressortissant algérien dans ce dossier, ce sont ses prêches prononcés que le tribunal de première instance a considéré comme de la propagande djihadiste. Et c'est en juin 2022 que Saber Lahmar a été condamné à 10 ans de prison ferme. Le tribunal avait également prononcé une période de sûreté des deux tiers de la peine et une interdiction définitive du territoire français.

Ce qu'il faut savoir dans ce dossier, c'est que l'islamiste algérien est accusé clairement d'avoir encouragé des individus à aller faire le « djihad » en Syrie et en Irak. Le tribunal a beaucoup insisté sur le cas de Othman Yekhlef, mort en Syrie en 2015, considérant que son départ était le résultat direct des paroles de Saber Lahmar. Mais ce dernier a toujours nié les faits qui lui sont reprochés, ses avocats arguant que le prévenu n'avait aucun pouvoir pour faciliter le départ vers la Syrie et l'Irak.