Les discriminations quant au recrutement des Français issus de l'immigration maghrébine sont flagrantes. En effet, les immigrés et leurs descendants se heurtent « à des difficultés importantes sur le marché du travail » dès la première étape du recrutement, selon les nombreuses études et recherches menées dans ce sens.

Les candidats « dont le nom a une consonance supposément maghrébine sont moins souvent rappelés par le recruteur ou conviés à un entretien d'embauche que les candidats dont le nom est supposé français », lit-on en effet dans les résultats d'une étude réalisée par l'association française pour l'égalité des chances ; La Cordée. Autrement dit : « un postulant a 21 % de chances en moins d'être recruté comme cadre public avec un nom à consonance maghrébine ». Ou encore, l'association relève le cas de la candidate voilée à qui le jury va « poser des questions sur l'islamisme ou le terrorisme ».

Ainsi, Damien Zaversnik, coprésident de l'association La Cordée, qui devrait présenter mardi 24 janvier à l'Assemblée nationale une trentaine de propositions pour accroître la diversité sociale dans la fonction publique, estime que les biais de recrutement sont « intolérables pour un service public ». « Le critère de l'origine supposée » du postulant le pénalise, note de son côté Yannick L'Horty, l'un des auteurs de l'étude dont les conclusions sont basées sur les réponses à près de 2600 offres d'emploi pour des postes de cadre administratif et d'aide-soignante – deux métiers qui connaissent des difficultés de recrutement et où les employeurs sont donc plus réticents à refuser une candidature.

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Ce n'est pas tout. Dans cette même étude, réalisée l'année dernière, les auteurs mettent en relief, « les discriminations à l'embauche qui sont plus rares dans la fonction publique de l'État » (agents des ministères, de l'enseignement, juges, etc.), mais « plus fréquentes dans les hôpitaux et les collectivités locales ». Aussi, des discriminations persistantes en raison de l'origine supposée sont également constatées dans le recrutement des entreprises privées. Selon Yannick L'Horty, « trois critères sont les plus pénalisants » pour les candidats, comme dans le secteur et du privé et du public. Il s'agit de « l'origine d'Afrique du Nord ou subsaharienne, la situation de handicap et la parentalité ».

Dans l'objectif de lutter contre les discriminations dans les recrutements, le gouvernement français avait introduit  de nombreux dispositifs, tels que les « prépas talents », qui permettent aux jeunes d'origine modeste de préparer les concours de la fonction publique dans de meilleures conditions, une bourse annuelle de 4000 € ainsi qu'une aide au logement et à la restauration sont ainsi proposées aux candidats.

Seulement, aux dires de Yannick L'Horty, malgré « son ambition d'exemplarité, le secteur public n'est en tout cas pas systématiquement abrité du risque de discrimination », car il existe un « contraste très net entre la masse d'actions déployées » par les gouvernements successifs et les rares évaluations de leur efficacité.