La diplomatie marocaine risque, à nouveau, d’être entachée. Et, cette fois-ci, ce n’est pas par un membre d’une quelconque mission diplomatique qui est en faute, mais plutôt un proche. Il s’agit du mari de la vice-consule du Maroc en France qui a été embarqué par la police en état d'ébriété. 

Selon les témoignages, le comportement du conjoint de la vice-consule a été très inconvenant. Les faits remontent à la soirée du samedi 21 janvier 2023, quand ledit conjoint s’est présenté dans un restaurant du centre-ville de Dole, en région Bourgogne-Franche-Comté. « Cet homme s’est présenté à l’accueil, manifestement en état d’ébriété, pour demander de l’aide pour son véhicule, dont les pneus étaient dégonflés. Il parlait très mal français. Il a demandé à notre hôtesse un cure-dent pour changer la puce de son portable, car il n’arrivait pas à joindre sa femme », raconte le propriétaire de restaurant.

Et d’ajouter : « il s’est installé à l’entrée, occupant à lui tout seul la grande table de huit personnes, comme s’il était chez lui. Puis la situation s’est retournée, il s’est mis à crier sur moi, en parlant arabe cette fois. Je l’ai prié poliment de sortir et de se rendre au commissariat s’il avait besoin d’aide. Mais la tension ne s’apaise pas et l’homme, passablement agité, continue de perturber la bonne marche de l’établissement ».

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Passeport diplomatique et immunité pour le mari de la vice-consule du Maroc

Le propriétaire du restaurant a alors appelé la police, suite à quoi des policiers sont arrivés rapidement. « Dehors, j’ai entendu crier et j’ai vu les gardiens de la paix le menotter puis l’embarquer », poursuit le restaurateur. Les choses ne se sont pas arrêtées là, puisqu’au commissariat, le conjoint de la vice-consule a eu un comportement encore plus inapproprié. Selon les informations collectées par Le Progrès, « confirmées par le parquet », « l’individu, très agité, a tenté de désarmer un fonctionnaire ». Il n’a pas hésité un seul instant à mettre en avant ses liens avec la diplomate marocaine. Et, à ce titre justement, « il était titulaire d’un passeport diplomatique ». On n’a, bien sûr, pas tardé à le relâcher.

« Le passeport diplomatique assure une protection juridique, mais celle-ci peut être levée par l’État titulaire. J’attends de lire la procédure », a confié Lionel Pascal, procureur du Jura. Celui-ci n’exclut pas de faire une demande en ce sens. Reste juste à savoir si le comportement déplacé du coupable est en mesure d’aboutir à une levée d’immunité.