La question des prix des billets d'avion pour les vols de et vers l'Algérie ne s'arrête pas, et l'audition du PDG de la compagnie aérienne Air Algérie par des membres de l'Assemblée nationale algérienne fut une nouvelle occasion d'évoquer le sujet et de préconiser des solutions. Le député de l'Émigration Abdelouahab Yagoubi fait partie des parlementaires présents à cette audition qui a également touché les patrons de Tassili Airlines et d'Algérie Ferries.

En effet, le premier responsable de la compagnie aérienne algérienne, Yacine Benslimane, a été auditionné, lundi 16 janvier, par les membres de la Commission de l'APN en charge des Affaires étrangères1, de la Coopération et de l'Émigration, en collaboration avec ceux de la Commission des Transports et des Télécommunications. Le patron d'Air Algérie se savait attendu sur plusieurs questions et celle en lien avec les prix des billets d'avion était inévitable.

Le prix des billets d'Air Algérie omniprésent dans le débat public

Si le PDG d'Air Algérie a répondu à tous les questionnements des députés, ces derniers ne sont pas tous satisfaits des réponses. Certains estiment que dans une situation exceptionnelle, il devrait y avoir des actions exceptionnelles. C'est le cas du député de la circonscription France-Nord, Abdelouahab Yagoubi, représentant des très nombreux Algériens de l'Île-de-France, qui ne cesse de poser le problème des prix des billets d'avion depuis la réouverture partielle des frontières algériennes, un certain 1er juin 2021.

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Le député de « la diaspora » estime, dans une publication publiée hier lundi 23 janvier sur sa page Facebook, que la loi de l'offre et de la demande avancée par le patron d'Air Algérie pour expliquer les prix élevés de sa compagnie n'est pas recevable2. « Les lois de l'économie s'appliquent dans un environnement sain et non pas biaisé par les décisions centralisatrices », affirme le parlementaire, qui estime qu'à ce titre, « la loi de l'offre et de la demande ne s'applique pas dans un marché économiquement fermé ».

L'État doit plafonner les prix en attendant l'ouverture du ciel algérien à la concurrence

En effet, dans une situation de monopole ou de centralisation, l'acteur central a le pouvoir de fixer les prix sur le marché sans être soumis à la concurrence. Dans certains pays, il existe des réglementations ou des organismes de réglementation qui peuvent encadrer les prix fixés par les entreprises en situation de monopole pour éviter les abus.

Pour sa part, Abdelouahab Yagoubi préconise l'ouverture du transport aérien (et même maritime) à la concurrence pour mettre fin à cette situation de fermeture du marché caractérisée par un monopole de la compagnie aérienne algérienne qui ne permet pas d'évoquer la loi de l'offre et de la demande pour expliquer une politique tarifaire qualifiée de « racket ». C'est pourquoi Abdelouahab Yagoubi appelle l'État à intervenir dans cette problématique afin de plafonner les prix.

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« Par conséquent, l’absence de la libre concurrence dans le transport aérien et maritime nécessite l’intervention de l’état pour plafonner les prix, limiter la marge exorbitante de bénéfice et faire cesser la pratique organisée de racket envers les citoyens », ajoute le parlementaire qui a déjà fait savoir qu'il n'était pas totalement satisfait des réponses du PDG d'Air Algérie dans une précédente publication.


  1. Les PDG d'Air Algérie, Algérie Ferries et Tassili Airlines auditionnés cette semaine 

  2. Prix des billets : Les explications d'Air Algérie