Kamel Meziani, « éminent narco », devant la justice française

Notice d'Interpol sur Kamel Meziani

Kamel Meziani, 38 ans, est le chef de l’un des plus importants réseaux marseillais de vente de stupéfiants. Surnommé la « Souris », il est également suspecté d’être le commanditaire d’au moins deux doubles assassinats, il a, pendant longtemps, échappé à la justice française. Mais pas cette fois-ci.

Faisant l'objet d'une fiche rouge d'Interpol, il serait l'un des barons de la « cité des Oliviers », un quartier de Marseille connu pour être l'un des centres du narco-banditisme. Réputé pour sa capacité à se faufiler pendant près de 10 ans entre les mailles de la police et de la justice, Kamel Meziani devrait répondre de ses actes ce lundi 6 février devant les juges de la Cour d’assises d’Aix-en-Provence.

Kamel Meziani et son acolyte Ali Sadoni, très connus de l’OCRTIS (Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants), « ont déjà été impliqués dans deux affaires de règlement de comptes en février et mars 2013 et mis en examen sous contrôle judiciaire avec versement d’une caution de 150 000 euros dans une triple tentative d’assassinats perpétrée en août 2013 », selon un document consulté par 20 Minutes.

Arrêté le 31 août 2021, Kamel Meziani a été placé en garde à vue pour « assassinats en bande organisée », « destruction par incendie », « association de malfaiteurs » et « recel de vol en bande organisée ». Une année auparavant, 2020, il est condamné à 14 ans de prison pour « trafic de stupéfiants en récidive », mais aussi à 30 ans de réclusion criminelle pour son implication dans la mort de deux jeunes hommes, lors d'un règlement de comptes datant de 2016, relatent les médias locaux.

En fuite depuis 2019, il se rend au Maroc puis en Algérie, où il était en cavale. Arrêté à l'aéroport de Marrakech en février de la même année, il a été finalement extradé vers la France en décembre 2019. Kamel Meziani réussira tout de même à échapper à la justice, quelques mois plus tard, ses avocats ayant obtenu sa remise en liberté. « La Cour de cassation avait considéré que la Cour d'appel d'Aix-en-Provence avait pris trop de temps pour se prononcer sur sa demande de remise en liberté liée à sa contestation de son extradition du Maroc », précise-t-on.

À partir de ce lundi, donc, et jusqu’au 13 février, Kamel Meziani sera jugé pour deux autres séquences meurtrières le KFC Plombière de 2016 et la Marine Bleue de 2021. S’en sortira-t-il encore cette fois-ci ? « Ses avocats multiplient en tout cas les recours, arguant notamment de la nullité du mandat d’arrêt du 24 août 2018, reposant sur l’enquête réalisée dans l’affaire du KFC Plombière », assure 20 Minutes.

Pour son avocat, Raphaël Chiche, « la mise en cause de Kamel Meziani repose exclusivement sur les déclarations d’un témoin anonyme ». Mais voilà que ce dernier « était déjà à l’étranger à cette époque ». Ainsi dire, si la Cour n’a pas encore statué d’ici lundi sur cette requête, l’affaire devrait être renvoyée, et Kamel Meziani échappera encore, et pour un temps à la justice. Il pourrait même recouvrer la liberté.

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