22 associations européennes portent plainte contre des compagnies aériennes desservant l'Algérie

Boeing 777 d'Air France (F-GSQJ)

22 associations européennes de la protection des consommateurs vont déposer plainte auprès de la Commission européenne contre 17 compagnies aériennes qu'elles accusent de greenwashing et  de pratiques commerciales trompeuses. Plusieurs compagnies aériennes desservant l'Algérie sont citées dans cette affaire.

Alors que les procédures judiciaires contre les compagnies qui n'ont pas remboursés les billets non consommés en raison du covid-19 sont toujours en cours dans plusieurs États européens, voilà que surgit une autre affaire impliquant plusieurs compagnies aériennes. En effet, le jeudi 22 juin, 22 associations européennes ont annoncé leur attention de porter plainte auprès de la Commission européenne contre 17 compagnies aériennes, dont 5 desservent l'Algérie : il s'agit d'Air France, Volotea, Vueling, Lufthansa et Brussels Airlines.

Les plaignants accusent ces compagnies de greenwashing et de pratiques commerciales trompeuses. Deux organisations françaises, à savoir l'UFC-Que Choisir et l'association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV), se joignent à cette action en justice. Les 17 compagnies aériennes ciblées sont : Air Baltic, Air Dolomiti, Air France, Austrian, Brussels Airlines, Eurowings, Finnair, KLM, Lufthansa, Norwegian, Ryanair, SAS, SWISS, TAP, Volotea, Vueling et Wizz Air.

Les 22 associations, de 18 pays européens membres du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), accusent ces compagnies de « sous-entendre que le transport aérien peut être "durable", "éco-responsable" et "vert" », selon un communiqué de presse conjoint. Les signataires soulignent qu'« aucune des stratégies déployées par le secteur aérien n'est actuellement en mesure de limiter les émissions de gaz à effet de serre » et considèrent qu'il est « essentiel de mettre un terme à ces allégations, car si le trafic aérien continue à se développer, les émissions continueront à augmenter dans les années à venir ».

Deux pratiques inacceptables et douteuses de 17 compagnies aériennes européennes

Deux pratiques commerciales trompeuses sont dénoncées : La première est celle d'inciter les voyageurs à payer un supplément important pour compenser les émissions de CO2 d'un vol. Les associations critiquent ce mécanisme en raison de ses bénéfices climatiques controversés, alors que les dommages causés par les émissions de CO2 du transport aérien seraient « indiscutables ».

La seconde pratique en cause est de pousser les consommateurs à contribuer au développement de carburants aviation durables (SAF), alors que ces carburants ne sont pas encore prêts à être commercialisés et ne représenteront qu'une part minime dans les réservoirs des avions. À titre d'exemple, Air France, qui assure plusieurs vols entre la France et l'Algérie, propose aux consommateurs de souscrire à des options coûteuses pour soi-disant compenser leur propre impact carbone sur les futurs vols, dénoncent les associations.

Chez Air France, l'option relative au SAF s'élève à la somme de 138 euros pour un vol Paris-Copenhague, souligne le communiqué. Cette pratique est jugée « inacceptable » par les associations. Pour Marie-Amandine Stévenin, présidente de l'UFC-Que Choisir, « il est inacceptable que des compagnies aériennes prétendent agir pour le climat ». Jean Yves Mano, président de la CLCV, appelle les pouvoirs publics à « agir avec fermeté et demande que ces allégations cessent de protéger les consommateurs ».

Les compagnies doivent rembourser les consommateurs

En saisissant la justice, les 22 associations européennes espèrent « obtenir une décision commune interdisant toute allégation visant à faire croire aux consommateurs que l'avion est une pratique respectueuse de l'environnement ». De plus, les plaignants demandent « l'ouverture d'une enquête à l'échelle européenne sur les pratiques de ces entreprises et réclament le remboursement des consommateurs ayant souscrit aux options supplémentaires en question ».

Contactée par l'AFP, la compagnie Air France indique « porter une attention renforcée à la rigueur de ses messages » et rappelle avoir été, en 2022, « le premier acheteur de carburant durable au monde ». « Les sommes collectées » dans le cadre de l'option de compensation volontaire par le SAF « sont exclusivement utilisées pour l'achat de SAF par la compagnie » et permettent aux clients de « contribuer au développement de filières de production de carburant d'aviation durable », selon un porte-parole de la compagnie française.

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