Importation « cabas » : Un phénomène qui explose en Algérie

En Algérie, pour booster la production locale et préserver les réserves de change, les autorités ont décidé de restreindre les importations. Cependant, depuis la prise de cette décision, le pays connaît une pénurie de certains produits. Et comme l'économie a horreur du vide, les opérateurs au noir ont remplacé les importateurs pour combler le vide que ces derniers ont laissé.

Depuis la décision d'interdire l'importation de certains produits, le marché algérien connaît des pénuries1, ou du moins des manques de produits ici et là. Alimentation pour animaux, fruits, chocolats et alcools entre autre sont devenus rares sinon inexistants sur le marché. Pour combler le vide, les opérateurs économiques qui exercent au noir ont saisi cette opportunité ; ceux qu'on appelle importateurs « cabas » ont pris le relais pour alimenter le marché algérien.

Les commerçants font appel au cabas pour s'approvisionner en produits interdits d'importation d'une façon légale. Cette activité très lucrative qui prend de plus en plus d'ampleur et qui est très prisée nous rappelle l'époque du « trabendo ». Ils importent du tout pour répondre à la demande du marché local.

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Afin d'importer ces produits, ces « affairistes » font des aller-retour en avion ou en bateau. Ils se fournissent en France, aux Émirats, en Turquie ou en Espagne. La marchandise arrivée en Algérie est écoulée directement en approvisionnant des commerçants ou sur les réseaux sociaux où de nombreuses pages sur Facebook ou comptes Instagram proposent des produits en manque dans le pays.

En ce qui concerne les smartphones à titre d'exemple, certains magasins sont même spécialisés dans le vente de téléphones cabas, comme ils aiment le dire aux clients. Cependant, les produits arrivés de cette maniéré échappent à tout contrôle. Ils ne portent pas de garantie et les « trabendistes » n'assurent pas de service après vente.

L'importation par cabas révèle donc la place du marché de l'informel en Algérie. Un marché qui prend de l'ampleur et dont l'argent échappe à tout contrôle et affaiblit l'économie formelle, déjà fragilisée. Ce secteur représente de 30 % à 40 % de l'économie national, une proportion alarmante selon les spécialistes.


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