La normalisation avec Israël sacralisée : Un marocain condamné à 5 ans de prison pour l'avoir critiqué

Au Maroc, la normalisation avec Israël ne fait pas l'unanimité. Cependant, le sujet est du ressort exclusif du roi Mohammed VI et aucun parti politique n'a le droit de critiquer cette décision. Cette normalisation est donc classée dans le domaine du sacré pour les hautes autorités du pays et élevé au rang d'une constante nationale. Un citoyen marocain a vérifié à ses dépend cette orientation du roi Mohammed VI.

En effet, tout a commencé à la fin de l'année 2020 lorsque Saïd Boukioud, un citoyen marocain résidant au Qatar, avait critiqué sur Facebook « la normalisation avec Israël ». Quelques jours après la publication, le marocain apprend que des poursuites judicaires sont lancées contre lui. Il supprime alors la publication et ferme son compte Facebook.

Cependant, les poursuites n'ont pas été annulées et Saïd Boukioud est accusé d'« offense à la monarchie ». Son procès a eu lieu au début du mois de juillet devant le tribunal correctionnel de première instance à Casablanca. Il a été condamné à 5 ans de prison ferme assorti d'une amende de 4000 dirhams pour « atteinte aux constantes du royaume » sur la base de l'article 267-5 du Code pénal.

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L'avocat de l'internaute a qualifié cette condamnation de « lourde et incompréhensible ». El Hassan Essouni, qui a fait appel de la décision du tribunal de Casablanca, rappelle que son client Saïd Boukioud, âgé de 48 ans, « a écopé de 5 ans de prison en raison de publications sur Facebook où il dénonce la normalisation avec Israël d'une manière qui pourrait être interprété comme une critique visant le roi ». Il a indiqué que si son client avait manifesté son rejet de la normalisation, il n'avait nullement l'intention d'offenser le souverain.

Il faut dire que concernant la normalisation avec Israël, le palais royal marocain verrouille toutes voix discordantes et rappelle régulièrement aux opposants que la politique extérieure du Maroc est une prérogative exclusive du roi Mohammed VI. De leur côté, les défenseurs des droits humains dénoncent ce texte de loi qui entrave la liberté d'expression et dont la formulation « ne spécifie pas concrètement les faits qui pourraient constituer une atteinte » à la monarchie.


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