Le maire de Marignane refuse de servir halal aux enfants à la cantine

Cantine scolaire

Le maire de Marignane, une commune du sud de la France, a décidé de ne pas servir de menu halal pour les enfants des cantines scolaires de sa localité. Le premier responsable de la mairie a imposé de la viande, y compris le porc, dans tous les menus des élèves qui mangent à la cantine. Une décision qui a suscité une grande polémique, faisant même réagir le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal.

En France, une nouvelle polémique liée à la communauté musulmane fait la Une des médias et suscite le débat politique. Éric Le Dissès, maire de Marignane, une commune située dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dans le département des Bouches-du-Rhône, au sud de la France, a pris la décision d’imposer la viande dans tous les menus des élèves qui mangent à la cantine de sa municipalité. Une décision qui met ainsi fin aux menus dits halal dans les cantines de la commune.

Le maire qui impose le même repas à la cantine pour tout le monde

Invoquant le « principe de la laïcité », la municipalité de Marignane, dirigée par la droite, a ordonné dans un courrier transmis à ses agents de mettre de la viande dans les assiettes de tous les élèves à la cantine. Une consigne qui date de septembre dernier et révélée le 12 décembre par la presse, suscitant la colère de certains parents d’élèves, notamment ceux de confession musulmane.

« La religion ne doit pas rentrer dans les cantines », écrit Éric Le Dissès dans une note interne diffusée à la rentrée 2023 aux agents de restauration. Dans ce document révélé par le quotidien régional La Provence, le maire demande aux agents de servir « toutes les composantes des menus, y compris la viande ». Cela veut dire que les enfants n’ont plus le droit aux repas de substitution comme cela se fait dans la majorité des cantines de France.

Le menu halal est-il autorisé dans les cantines scolaires en France ?

En effet, en France, la loi autorise des menus de substitution dans les cantines scolaires lorsqu’ils ne sont pas contraires aux principes de la laïcité. Dans une décision rendue le 11 décembre 2020,  le Conseil d’État juge qu’il « n’est ni obligatoire ni interdit pour les collectivités territoriales de proposer aux élèves des repas différenciés leur permettant de ne pas consommer des aliments proscrits par leurs convictions religieuses ». C’est pour cette raison que la décision du maire de Marignane a suscité la polémique en France.

L’opposition et les parents d'élèves y voient une mesure discriminante pour les familles de confession musulmane. Certains parents ont lancé une pétition en ligne pour dire « non à la discrimination dans les écoles de Marignane », recueillant près de 200 signatures à la date du 14 décembre, rapporte France Bleu. « Moi je ne mange pas de porc, mais ils en mettent dans notre assiette. Même quand on ne veut pas, le chef nous dit qu'ils sont obligés », assure la petite Maéra, 6 ans, au même média.

Gabriel Attal réagit à la décision du maire de Marignane

Le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, a également réagi à la décision du maire de Marignane. Invité de l'émission Focus Dimanche sur RTL le 15 décembre, le ministre s'est dit « toujours choqué quand certains utilisent des enfants ou instrumentalisent l'école ou les élèves pour une idéologie, surtout quand c'est une idéologie d'extrême droite ». Le ministre s'est opposé à une vision de la laïcité tournée autour de la « sanction », assurant que « la laïcité, c'est la liberté ».

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