Scandale de corruption à Mobilis : une perte de plus de 1000 milliards

L’entreprise publique algérienne ATM Mobilis, acteur majeur du secteur des télécommunications, se trouve aujourd'hui impliquée dans une affaire de corruption d'envergure. Un dossier complexe mêlant contrats douteux, détournements financiers et irrégularités graves est examiné par le tribunal économique et financier de Sidi M’hamed, mettant en lumière des pratiques illégales qui ont coûté à l'État des pertes colossales.

Selon le site arabophone Echorouk, l'affaire concerne une série de transactions suspectes entre ATM Mobilis et un consortium algéro-chinois comprenant notamment Sarl Data Mena. Plusieurs hauts responsables de Mobilis, dont l'ancien directeur général et des membres de comités techniques, sont accusés d'avoir enfreint la réglementation en matière de marchés publics. Les accusations portent sur des pratiques de favoritisme, des violations du cahier des charges et le blanchiment de capitaux.

Selon les enquêteurs, la valeur estimée des pertes dépasse les 1000 milliards de centimes, un montant faramineux qui illustre l'ampleur des anomalies relevées. Parmi les points les plus inquiétants figurent l'attribution de contrats à des entreprises sans expérience avérée et l'augmentation inexpliquée des budgets affectés aux projets.

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Un projet surdimensionné et des surcoûts injustifiés

Au cœur du scandale, un projet visant à moderniser les infrastructures techniques de Mobilis. Ce contrat, initialement évalué à 166 milliards de centimes, a vu son coût exploser pour dépasser les 1000 milliards. Les experts attribuent cette augmentation à des modifications non justifiées des contrats, ainsi qu'à des retards délibérément non sanctionnés, ce qui a conduit à des frais de stockage et d’installation supplémentaires.

L’un des éléments les plus troublants du dossier concerne l’entreprise Sarl Data Mena, un partenaire du consortium algéro-chinois. Les investigations ont montré que cette société ne disposait ni de personnel qualifié, ni d’expérience dans le domaine des technologies de l'information. Malgré ces lacunes, elle a été choisie pour participer à des projets stratégiques, soulevant des questions sur la transparence des procédures de sélection.

Pratiques en violation des règles

L'enquête a également mis en évidence des manquements flagrants au cahier des charges. Les contrats, initialement prévus pour être exécutés dans un cadre compétitif, ont été révisés pour favoriser des entités spécifiques. Par exemple, le consortium bénéficiaire aurait reçu des traitements préférentiels, notamment l’exonération de pénalités pour retard, jusqu’au début des investigations en juin 2021.

Ces pratiques ont été facilitées par des conflits d’intérêts évidents. Certains des accusés, comme le principal actionnaire de Sarl Data Mena, occupaient également des postes clés au sein de Mobilis, créant ainsi un environnement propice aux abus de pouvoir.

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Une enquête et un procès à venir

L’affaire a pris une dimension judiciaire avec la mise en examen de dix accusés, incluant des cadres de Mobilis et des responsables du consortium. Ils font face à des charges telles que le détournement de fonds publics, la corruption passive, le blanchiment d'argent et la violation des règles de passation de marchés publics.

Le tribunal cherche désormais à établir les responsabilités exactes et à identifier les mécanismes ayant permis un tel niveau de fraude. Si les coupables sont reconnus responsables, cette affaire pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la corruption en Algérie.


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