La justice française suspend l'expulsion de l'influenceur algérien Doualemn

L'influenceur algérien Doualemn, de son vrai nom Boualem Naman, ne sera pas expulsé immédiatement de France. Le tribunal administratif de Paris a suspendu la mesure d’expulsion en urgence absolue prise par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, estimant qu’elle avait été appliquée à tort.

Interpellé le 5 janvier à Montpellier, cet homme de 59 ans avait fait l’objet d’un arrêté d’expulsion le 7 janvier, après la diffusion sur TikTok d’une vidéo controversée. Il y tenait des propos visant un opposant aux autorités algériennes, qui avaient été initialement interprétés comme un appel au meurtre avant d’être requalifiés en incitation à la violence. Expulsé vers l’Algérie le 9 janvier, il avait été refusé sur le territoire algérien et renvoyé en France le jour même.

Ses avocates ont immédiatement saisi la justice pour contester la légalité de son expulsion.

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La procédure contre l'Algérien jugée disproportionnée

Si la justice a confirmé que le retrait du titre de séjour de Doualemn était justifié en raison des faits qui lui sont reprochés, elle a estimé que l’expulsion en urgence absolue ne l’était pas. Et la décision du tribunal a été qualifiée par les avocates de l'Algérien, de camouflet pour le ministre de l'intérieur.

Dans son ordonnance du 29 janvier, le juge des référés a rappelé que la procédure utilisée par le ministre de l’Intérieur prive l’Algérien de garanties essentielles, notamment une audition devant une commission de magistrats. Or, l’autorité judiciaire n’a pas jugé nécessaire de placer Doualemn en détention provisoire ni sous contrôle judiciaire, ce qui remet en cause l’urgence invoquée par l’État pour justifier son expulsion.

Le tribunal a également souligné que le ministre n’avait pas établi de liens entre Doualemn et des réseaux radicalisés, et que sa dernière condamnation pénale remontait à 23 ans.

Un contexte diplomatique tendu

L’affaire Doualemn s’inscrit dans un contexte diplomatique déjà fragile entre la France et l’Algérie. L’échec de son expulsion a été perçu par Paris comme une tentative d’humiliation de la part d’Alger. Le ministre de l’Intérieur avait dénoncé un « signal extrêmement inquiétant » après son retour forcé en France.

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De son côté, l’Algérie a rejeté ces accusations, dénonçant une « campagne de désinformation » menée contre elle par les acteurs politiques de droite et de l'extrême droite, dont certains ont rejoint le gouvernement de François Bayrou.

En attendant son procès prévu le 24 février pour provocation publique à commettre un crime, Doualemn reste en Centre de rétention administrative (CRA). Le ministère de l’Intérieur dispose d’un mois pour revoir sa copie et engager, cette fois, une procédure d’expulsion ordinaire.


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