L’influenceur algérien Boualem Naman, connu sur TikTok sous le pseudonyme Doualemn, s’est présenté devant le tribunal administratif de Paris le 27 janvier 2025 pour contester une procédure d’expulsion controversée.
Cet homme de 59 ans, suivi par plus de 138 000 abonnés, est accusé d’avoir incité à la violence dans une vidéo publiée début janvier. Cette affaire, qui mêle enjeux juridiques et tensions diplomatiques, a placé Boualem sous le feu des projecteurs.
Une vidéo polémique au cœur de l'affaire
Tout a commencé avec une vidéo postée sur TikTok, où Boualem appelait à s’en prendre à un opposant politique algérien. Signalée par le maire de Montpellier et le préfet de l’Hérault, cette vidéo a conduit à son interpellation le 5 janvier. Face aux accusations, l’influenceur a supprimé la publication, mais les autorités ont jugé ses propos suffisamment graves pour justifier son expulsion vers l’Algérie. Pourtant, cette mesure a pris un tournant inattendu : Boualem a été renvoyé en France le jour même de son expulsion, exacerbant une crise diplomatique entre Paris et Alger.
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Des regrets et une défense sur mesure
Lors de l’audience, Boualem Naman a adopté une posture de regret. « Je n’ai pas contrôlé mes paroles, j’étais défoncé au Subutex », a-t-il déclaré, expliquant que son état sous ce médicament avait altéré son jugement. Il a ajouté : « Les réseaux sociaux, ça ne vaut vraiment pas le coup ». Visiblement dépassé par l’ampleur de l’affaire, il a également évoqué sa situation personnelle : père de deux enfants, dont l’un est gravement malade, il a plaidé pour rester en France, affirmant que toute sa vie se trouve sur le territoire.
Ses avocates ont vivement contesté la procédure d’expulsion, qualifiant la décision de « disproportionnée » et « injustifiée ». Elles ont rappelé que leur client n’a aucun lien avec des actes terroristes, une justification fréquemment utilisée pour motiver les expulsions d’urgence.
Une décision imminente
Cette affaire dépasse le cadre strictement judiciaire. Les relations entre la France et l’Algérie, déjà fragiles, sont mises à rude épreuve. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a accusé Alger d’avoir « humilié la France » en renvoyant Boualem vers Paris. L’Algérie, de son côté, dénonce une « campagne de désinformation » à son encontre.
La justice administrative rendra son verdict mercredi 29 janvier. Cette décision sera cruciale, non seulement pour l’avenir de Boualem Naman, mais également pour les implications politiques et diplomatiques qu’elle pourrait engendrer. Pendant ce temps, Boualem reste détenu dans un centre de rétention administrative, dans l’attente de savoir s’il pourra retrouver sa famille en France ou sera contraint de repartir en Algérie.
