Malgré les pressions exercées par les États-Unis et un contexte économique mondial incertain, l’OPEP+ continue d’afficher une unité solide. Réunie à l’occasion de la 58e session du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC), l’alliance pétrolière a réaffirmé son engagement en faveur d’une gestion coordonnée du marché pétrolier.
Lors de cette session organisée en visioconférence, les ministres ont évalué la conformité aux quotas de production pour les mois de novembre et décembre 2024 et ont échangé sur l’évolution du marché pétrolier. Loin d’être une simple réunion technique, cette rencontre s’est tenue dans un climat de tensions commerciales mondiales, marqué par l’instauration de nouveaux tarifs douaniers américains et des sanctions contre les industries pétrolières russes et iraniennes.
Comme le rappelle le quotidien francophone El Watan, dans ce contexte tendu, Washington a exercé une pression croissante sur l’OPEP+, demandant aux pays membres de l’organisation d’augmenter leur production afin de faire baisser les prix du pétrole. Cependant, les pays producteurs ont choisi de maintenir une coordination étroite, préférant suivre une stratégie prudente face aux fluctuations du marché.
Autres Pétrole : après les Émirats, un autre pays envisage de quitter l'OPEP
Une reprise attendue à partir d’avril 2025
Selon Mohamed Arkab, ministre algérien de l’Énergie et des Mines, la demande pétrolière a connu un ralentissement saisonnier au cours des trois premiers mois de l’année. Toutefois, une reprise plus marquée est attendue dès avril 2025, portée par des signaux encourageants de croissance économique dans plusieurs régions du monde.
L’OPEP+ s’appuie sur ces perspectives pour justifier le maintien des ajustements volontaires de la production, qui ont jusqu’ici permis de stabiliser le marché pétrolier. Cette approche vise à garantir un équilibre entre l’offre et la demande, tout en assurant des prix favorables aux pays producteurs.
Des efforts collectifs pour respecter les engagements de production
Lors de cette réunion, les ministres ont également salué l’amélioration de la conformité des quotas de production parmi les pays membres. L’Irak et le Kazakhstan, qui avaient dépassé leurs limites de production, ont renouvelé leur engagement à régulariser leurs volumes excédentaires.
L’OPEP+ a réaffirmé son attachement à la Déclaration de coopération (DoC), un accord stratégique qui court jusqu’à fin 2026 et qui structure les décisions collectives de l’alliance. Cette volonté de préserver la cohésion et la discipline est essentielle pour éviter une surproduction susceptible de déséquilibrer le marché.
Autres Vols Montréal - Alger : Air Algérie baisse ses prix pour la fin de saison
Un changement dans l’évaluation des données pétrolières
Dans un souci de transparence et de fiabilité, le Comité ministériel a décidé de remplacer certaines de ses sources d’évaluation de la production pétrolière. À partir de février 2025, Kpler, OilX et ESAI remplaceront Rystad Energy et l’Energy Information Administration (EIA) pour fournir des données plus précises sur les niveaux de production et la conformité des pays membres.
Une stratégie prudente face à l’avenir
Depuis 2022, l’OPEP+ a maintenu une réduction de 5,85 millions de barils par jour, une mesure prolongée jusqu’à fin mars 2025. Alors que le marché surveille de près une éventuelle augmentation de la production en avril, l’organisation reste fidèle à sa stratégie de régulation, malgré les appels répétés des États-Unis à relâcher la pression sur les prix.
En maintenant sa cohésion, l’OPEP+ démontre sa capacité à résister aux pressions extérieures et à défendre ses intérêts communs. Face à un marché pétrolier en perpétuelle évolution, l’alliance continue de jouer un rôle déterminant dans la stabilisation des prix et la gestion des équilibres mondiaux.
