Titre de séjour « métiers en tension » : les Algériens exclus

Le gouvernement français a annoncé une mise à jour de la liste des métiers en tension, ouvrant la voie à la régularisation pour certains travailleurs étrangers. Toutefois, les ressortissants algériens ne figureront pas parmi les bénéficiaires de cette mesure. Cette décision s'inscrit dans un contexte diplomatique marqué par des tensions entre Paris et Alger sur les questions migratoires.

Patrick Stefanini, représentant spécial du ministre de l'Intérieur sur les questions migratoires, a confirmé que la nouvelle liste des métiers en tension exclura les Algériens. Dans un entretien ce samedi 1er mars à Paris Match, il a déclaré que « les ministres de l'Intérieur et du Travail vont, prochainement, actualiser la liste des métiers en tension et les ressortissants algériens n'en seront pas bénéficiaires ».

Cette révision de la liste des métiers en tension vise à répondre aux besoins du marché du travail français en facilitant l'embauche de travailleurs étrangers qualifiés dans des secteurs en manque de main-d'œuvre. Depuis 2005, la France applique une politique de migration choisie, favorisant l'accueil d'étudiants et de professionnels qualifiés.

Immigration Un Algérien au Canada atteint d’un cancer : sa famille lance une cagnotte

Métiers en tension : les Algériens exclus de la nouvelle liste

Mais selon Patrick Stefanini, les Algériens ne bénéficient pas de cette dynamique en raison de l'accord franco-algérien de 1968, régissant l'immigration entre les deux pays et instaure un régime spécifique aux Algériens en France. Cet accord, signé il y a plus de cinquante ans, offre aux Algériens un cadre migratoire distinct de celui applicable aux autres ressortissants étrangers.

Cependant, Patrick Stefanini estime qu'il est aujourd'hui inadapté aux réalités actuelles et plaide pour sa révision ou son abandon. Il a affirmé que « l'accord franco-algérien de 1968 est obsolète et ne correspond plus aux réalités migratoires d'aujourd'hui ».

L'exclusion des Algériens de la nouvelle liste des métiers en tension pourrait réduire les opportunités d'emploi et limiter les possibilités de régularisation pour ceux qui exercent déjà en France. Cette décision intervient alors que plusieurs secteurs, comme le BTP, l'hôtellerie-restauration et la santé, font face à d'importants besoins de main-d'œuvre.

Le Premier ministre François Bayrou a donné un délai de quatre à six semaines aux autorités algériennes pour démontrer leur volonté de coopération sur les questions migratoires. Il a déclaré que « si aucune avancée n'est constatée d'ici la fin de ce délai, nous prenons les mesures nécessaires pour adapter notre politique migratoire ». A cela, l'Algérie a réagi fermement dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, estimant : « l’Algérie rejette catégoriquement les ultimatums et les menaces. De la même manière, elle appliquera une réciprocité stricte et immédiate à toutes les restrictions apportées aux mobilités entre l’Algérie et la France ».

Immigration Sans-papiers en Europe : ce qui pourrait changer pour les expulsions


Vous aimez cet article ? Partagez !