Le gouvernement français a dévoilé, vendredi 21 février, une liste de plusieurs dizaines de métiers en tension sur l’ensemble du territoire, ouvrant la voie à une possible régularisation des travailleurs sans papiers exerçant dans ces professions. Cette liste servira de base de référence aux préfets pour accorder ou non des titres de séjour dans le cadre de la loi « immigration » promulguée en janvier 2024.
Élaborée en concertation avec les fédérations professionnelles et les régions, cette liste des métiers en tension, obtenue par l’AFP et relayé vendredi 21 février par Le Monde, met en lumière les disparités territoriales en matière de besoins en main-d’œuvre. Par exemple, la Normandie est la seule région à rechercher des géomètres, tandis que sept régions, dont l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Provence-Alpes-Côte d’Azur, sont en quête de bouchers.
Certains métiers, cependant, sont en tension sur l’ensemble du territoire. C’est le cas des agriculteurs salariés, des aides à domicile, des cuisiniers, des employés de maison, des maraîchers et des professionnels du bâtiment. Les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration, particulièrement touchés par des difficultés de recrutement, figurent également en bonne place dans cette liste.
Les régions les plus concernées par ces pénuries de main-d’œuvre sont l’Île-de-France (41 métiers en tension), la Provence-Alpes-Côte d’Azur (39) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (37). Ces chiffres illustrent l’importance d’une approche territorialisée pour répondre aux besoins spécifiques de chaque zone.
La ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a souligné que cette liste est le fruit de « concertations avec les différentes fédérations professionnelles par région ». Elle a également précisé que les métiers en tension « peuvent être différents en fonction des régions et des départements », ce qui justifie une adaptation locale des critères de régularisation.
Travailleurs sans-papiers : une circulaire pour encadrer les régularisations
En janvier 2025, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a adressé une circulaire aux préfets recentrant les régularisations exceptionnelles par le travail sur les métiers en tension. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la loi « immigration » de 2024, qui prévoit que les travailleurs sans papiers exerçant dans ces professions puissent prétendre à un titre de séjour.
L’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH), principale organisation professionnelle du secteur, a salué cette initiative tout en appelant à ne pas durcir les conditions de régularisation. « Nous souhaitons que la nouvelle circulaire ne complique pas l’accès à l’emploi pour les ressortissants étrangers déjà présents sur notre sol et désireux de travailler dans nos métiers », a déclaré l’UMIH.
Immigration Consulat d’Algérie à Montréal : ce qui change pour les demandes de passeport
Les partenaires sociaux doivent examiner cette liste lors d’une consultation nationale la semaine prochaine, avant sa publication au Journal officiel. Cette étape finale permettra de valider définitivement les métiers concernés et de clarifier les conditions d’accès à la régularisation pour les travailleurs sans papiers.
Avec cette liste, le gouvernement espère répondre aux besoins criants de main-d’œuvre tout en offrant une voie légale à des milliers de travailleurs étrangers déjà intégrés dans l’économie française. Reste à voir comment les préfectures appliqueront ces directives sur le terrain, dans un contexte où la question de l’immigration reste hautement sensible.
