Neuf travailleurs marocains auraient versé au total 37 500 euros pour convertir leur titre de séjour saisonnier en permis de travail salarié en Italie. Selon les enquêteurs, la procédure leur aurait été présentée comme payante alors qu’elle était gratuite dans le cadre du Decreto Flussi. L’affaire, révélée dans la province de Trente, s’inscrit dans une enquête plus vaste sur l’exploitation présumée de travailleurs agricoles.
Les neuf Marocains travaillaient dans l’agriculture italienne avec des titres de séjour liés à un emploi saisonnier. D’après les éléments communiqués par la Guardia di Finanza, ils auraient payé entre 4 000 et 5 000 euros chacun afin de convertir leur permis de travail en titre de séjour pour travail salarié.
Les travailleurs auraient cru que ce paiement était nécessaire pour obtenir cette conversion. Les enquêteurs estiment au contraire que la démarche prévue dans le cadre du Decreto Flussi était gratuite. Ils indiquent également que les intéressés auraient subi des pressions : en cas de refus de payer, ils risquaient, selon ce qui leur aurait été dit, de perdre leur emploi, leur logement et la possibilité de rester légalement en Italie. La Guardia di Finanza de Trente chiffre à 37 500 euros les sommes versées par les neuf travailleurs.
Une enquête qui concerne 84 travailleurs agricoles
L’enquête porte aussi sur les conditions de travail de 84 saisonniers originaires du Maroc, de Roumanie, d’Inde, du Nigeria, du Pakistan et du Cameroun. Entre 2018 et 2024, ces travailleurs auraient été employés dans la récolte de petits fruits et dans des activités agricoles associées.
Selon les investigations, certains auraient travaillé bien au-delà des horaires prévus et reçu des rémunérations inférieures aux minima définis par la convention collective. Les enquêteurs évoquent également des retenues sur les salaires pour le logement, l’achat d’une couverture et d’un oreiller, ou encore les trajets pour faire les courses.
Ces faits sont au cœur d’une enquête visant un entrepreneur agricole du Trentin et cinq autres personnes, soupçonnés notamment d’exploitation du travail et d’escroquerie. Les accusations devront être établies dans le cadre de la procédure judiciaire.
Permis de travail : près de 800 000 euros saisis à Trente
À la demande du parquet, un juge de Trente a ordonné la saisie préventive de biens d’une valeur totale de 790 514 euros. Les enquêteurs évaluent à 753 014 euros les économies réalisées grâce aux salaires et cotisations qui n’auraient pas été versés. En ajoutant les 37 500 euros liés à la conversion des titres de séjour, le montant atteint celui de la saisie. Cette mesure conservatoire ne constitue pas une condamnation : elle vise à préserver des biens dans l’attente des suites judiciaires.
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Cette affaire de permis de travail rappelle aux travailleurs étrangers l’importance de vérifier les frais réclamés pour une démarche de séjour et de demander des informations aux autorités compétentes ou à des associations spécialisées. En Italie, les dispositifs liés au Decreto Flussi suivent des règles précises. Une demande de paiement présentée comme obligatoire mérite donc d’être vérifiée auprès d’une source officielle avant tout versement.
