Le parquet de Nanterre a requis ce 4 mars 2025, un procès pour meurtre à l’encontre du policier ayant ouvert le feu sur Nahel Merzouk, un adolescent de 17 ans abattu lors d’un contrôle routier en juin 2023. L’affaire, qui avait provoqué une vague d’émotion nationale et des émeutes à travers la France, connaît un tournant judiciaire majeur avec cette décision.
Selon BFM TV, l’enquête a mis en lumière des éléments contredisant la version initiale des policiers. Ces derniers avaient d’abord affirmé que Nahel avait foncé sur l’agent, justifiant ainsi le tir. Toutefois, une vidéo amateur diffusée sur les réseaux sociaux avait rapidement mis en doute cette explication.
Le réquisitoire du parquet, basé sur des expertises et témoignages, conclut que le véhicule de Nahel était bloqué dans la circulation au moment des faits. Même s’il tentait de redémarrer, aucun danger immédiat pour les forces de l’ordre n’a été démontré. Cette analyse a conduit les magistrats à retenir la qualification de meurtre et à écarter la thèse de la légitime défense avancée par l’agent.
La famille de Nahel soulagée
La décision du parquet de Nanterre a immédiatement suscité des réactions contrastées. La famille de Nahel se dit soulagée par cette avancée judiciaire. L’avocat de sa mère, Me Frank Berton, a déclaré que cette décision était attendue, affirmant qu’il n’y avait pas d’autre issue possible et que l’intention de tuer était évidente.
Cependant, l’avocat du policier mis en examen, Me Laurent-Franck Liénard, qualifie quant à lui cette décision de lunaire, estimant que l’émotion médiatique a influencé le dossier. Il dénonce une qualification infondée et craint une instrumentalisation politique. Le syndicat de police Unité SGP a également pris la parole, exprimant son incompréhension et son inquiétude face à cette procédure qui, selon lui, met en danger l’ensemble de la profession.
 La décision finale revient au juge d’instruction
Le policier mis en cause, Florian M., avait été incarcéré pendant cinq mois avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire. Son collègue, qui était présent lors du contrôle, a été placé sous le statut de témoin assisté et ne fera pas l’objet de poursuites.
Désormais, la décision finale revient au juge d’instruction, qui devra statuer sur la tenue ou non d’un procès aux assises. Cette affaire pourrait ainsi déboucher sur un jugement inédit, les poursuites pour meurtre contre un policier en fonction étant extrêmement rares en France.
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