Les autorités marocaines ont mis fin récemment à un réseau criminel spécialisé dans la fraude aux demandes de visa Schengen. Huit individus sont poursuivis pour escroquerie, accès frauduleux à un système informatique et offre de services trompeuse. L'affaire, portée devant le tribunal de première instance de Fès, met en lumière un trafic lucratif qui exploitait les difficultés des demandeurs de visa pour leur extorquer de l'argent.
Selon le média marocain Media 7, l’enquête menée par la brigade régionale de la police judiciaire de Fès, avec l'appui de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), a révélé que les huit suspects âgés de 26 à 47 ans, dont cinq récidiviste, utilisaient des moyens informatiques automatisés pour monopoliser les créneaux de rendez-vous auprès des centres de traitement des visas.
Grâce à des logiciels malveillants et des robots automatisés, ils parvenaient à bloquer un grand nombre de créneaux disponibles sur les plateformes de réservation en ligne, gérées par une société privée mandatée par plusieurs consulats européens. Ces rendez-vous étaient ensuite revendus aux demandeurs pour des sommes allant de 1 500 à 2 000 dirhams, contraignant ces derniers à payer pour obtenir un accès aux démarches administratives.
Fraude aux visas Schengen : 30 victimes appelées à témoigner
Le tribunal de Fès a convoqué trente victimes pour témoigner contre les accusés. Ces personnes avaient tenté d'obtenir un visa Schengen par les voies officielles, mais s'étaient retrouvées dans l'impossibilité de réserver un rendez-vous en raison du blocage orchestré par le réseau criminel. Certaines d'entre elles ont été forcées de recourir aux services frauduleux proposés par les suspects, tandis que d'autres ont simplement vu leurs démarches retardées, voire compromises, faute de rendez-vous disponibles.
Les perquisitions exercées dans le cadre de cette affaire ont permis de saisir des documents d'identité, des dossiers de demande de visa, des équipements informatiques, ainsi que des reçus bancaires suspectés d'être liés aux transactions illégales. Les suspects ont été placés en garde à vue prolongée afin de poursuivre l'enquête et d'identifier d'éventuels complices. Les autorités recherchent à mesurer l'ampleur de ce trafic et à déterminer si d'autres réseaux opèrent selon des méthodes similaires.
