Les récentes déclarations de Ferhat Aït Ali, ancien ministre de l’Industrie, secouent le secteur automobile algérien et mettent en lumière des dysfonctionnements majeurs dans l’activité de Renault Algérie. Lors d’une émission sur la chaîne Youtube, Vision TV, Aït Ali a révélé des écarts alarmants entre les promesses du constructeur français et la réalité de la production locale dans son usine de Oued Tlelat, près d’Oran.
Selon l’ex-ministre dont la vidéo circule sur les réseaux sociaux, Renault, qui s’était engagé en 2014 à atteindre un taux d’intégration de 30 % dans l’assemblage de ses véhicules après cinq ans d’activité, a largement échoué à respecter cet objectif. En 2017, alors que le constructeur prétendait avoir atteint un taux de 28 %, Aït Ali, en tant que consultant, avait personnellement effectué des calculs et découvert que le taux réel ne dépassait pas 6,5 %. Il a par ailleurs précisé qu'il avait été "indulgent" dans son analyse.
Renault Algérie n'avait atteint que 4,7 % d'intégration, au lieu des 30 % promis
Les rapports officiels auxquels il avait accès, durant son mandat de ministre de l'Industrie entre janvier 2020 et février 2021, ont confirmé ces chiffres, avec un taux d’intégration réel de seulement 4,7 % en 2019, soit cinq ans après l’ouverture de l’usine de Renault à Oran, révèle-t-il. Ces révélations concernent également d’autres constructeurs installés en Algérie, ce qui soulève des questions sur la transparence et la régulation du secteur automobile local.
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Ces révélations jettent une ombre sur les ambitions de Renault de redémarrer ses activités en Algérie. Depuis 2020, l’usine de Renault Algérie Production (RAP) est à l’arrêt en raison de la fin des avantages fiscaux liés à l’importation des kits SKD/CKD, nécessaires pour l’assemblage des véhicules. Toutefois, le constructeur français n’a pas abandonné ses projets pour le marché algérien. En 2022, après l’introduction de nouvelles régulations, Renault a déposé une nouvelle demande d’agrément auprès du ministère de l’Industrie.
Les révélations d'Aït Ali jettent un voile sur la crédibilité du constructeur français
Dans un post publié en mai 2024 sur LinkedIn, Rémi Houillons, directeur général de Renault Algérie Production, a exprimé l’impatience de la marque à relancer ses activités. Il a indiqué que l’entreprise était prête à redémarrer, avec un investissement de près de 15 milliards de dinars pour la mise en conformité de l’usine avec les nouvelles exigences légales en vigueur.
Toutefois, les révélations de Ferhat Aït Ali viennent remettre en question la crédibilité de ces projets de relance. Elles soulignent un problème récurrent dans l’industrie automobile algérienne : l’écart entre les engagements des entreprises étrangères et les résultats réels. Si Renault Algérie espère relancer la production de ses modèles comme la Clio et la Dacia Stepway, les autorités algériennes devront veiller à ce que les engagements d’intégration et de localisation ne restent pas que des promesses sans fondement.
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