Les Marocains constituent la principale main-d’œuvre étrangère en Espagne, avec plus de 340 000 personnes en âge de travailler affiliées à la Sécurité sociale en janvier 2025. Ce chiffre, en constante augmentation, dépasse désormais celui des Roumains, qui occupaient la première place depuis 2012. Cette communauté marocaine, qui ne cesse de croître, est pourtant confrontée à des conditions de travail souvent précaires et à une exploitation généralisée dans plusieurs secteurs clés de l’économie espagnole.
Fatima Kahoul Elhais, une Marocaine de 31 ans installée à Palencia, incarne ce phénomène, rapporte le média marocain bladi.net. Arrivée en Espagne en 2003 avec sa famille, elle explique : « Mon père s’est installé ici dans les années 1990 pour nous offrir une vie meilleure. » Comme elle, des milliers de Marocains ont quitté leur pays pour tenter leur chance en Espagne.
Selon les données officielles, 343 188 travailleurs marocains étaient affiliés à la Sécurité sociale en janvier 2025, soit une augmentation de 24 400 par rapport à l’année précédente. Cette croissance reflète l’attrait persistant de l’Espagne pour les travailleurs marocains, malgré les difficultés qu’ils y rencontrent.
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Des secteurs précaires et mal rémunérés
Les Marocains sont surreprésentés dans des secteurs économiques exigeants et peu rémunérés. Selon Ahmed Khalifa, président de l’Association marocaine pour l’intégration des immigrés, 33 % des travailleurs marocains affiliés à la Sécurité sociale travaillent dans l’agriculture, l’élevage et la pêche, des domaines où les salaires moyens sont inférieurs à la moyenne nationale (1 562 euros bruts contre 2 273 euros).
« Ces emplois sont durs, précaires et souvent réservés aux immigrés », déplore-t-il. Elwali Bocharga, un ouvrier agricole de 33 ans, confirme : « La campagne est très dure. Il faut supporter la chaleur, la pluie, et tout ce qui arrive. Beaucoup d’entre nous gagnent à peine 15 ou 20 euros par jour. »
Les Marocains sont également nombreux dans le travail domestique, l’hôtellerie et la construction, mais presque absents des secteurs mieux rémunérés comme la banque, les médias ou l’éducation. Fatima Kahoul Elhais s’indigne : « Nous sommes cantonnés à des emplois difficiles et mal payés, sans perspective d’évolution. »
Des défis persistants pour l’intégration
Malgré leur nombre croissant, les travailleurs marocains font face à des obstacles majeurs. Anas Khouader, 27 ans, diplômé en relations professionnelles, témoigne : « J’ai étudié en Espagne, mais je ne trouve pas de travail dans mon domaine. Nous voulons simplement travailler, comme tout le monde. » De plus, beaucoup de Marocains occupent des emplois non déclarés, notamment dans le secteur du soin aux personnes âgées, et subissent des discriminations au travail et dans l’accès au logement.
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Pourtant, l’Espagne continue d’attirer les travailleurs marocains, répondant à un besoin criant de main-d’œuvre dans des secteurs intermédiaires comme la conduite ou la soudure. « Ces emplois sont difficiles à pourvoir et essentiels pour l’économie espagnole », explique un expert. Malgré les défis, les Marocains restent déterminés à construire un avenir meilleur, même au prix de sacrifices considérables.
