Il faisait entrer en Algérie de la drogue sous forme de timbres en provenance du Canada

La cour d'appel d'Alger a rendu lundi 21 avril un verdict sévère dans une affaire inédite de trafic de drogues synthétiques. Un étudiant de 24 ans, surnommé "Chawarma", a écopé de 3 ans de prison ferme pour importation et commercialisation de LSD, une substance hallucinogène particulièrement dangereuse.

Cette affaire rapportée ce mardi 22 avril par Ennahar, marque une première en Algérie où les autorités judiciaires ont dû se pencher sur le trafic de cette drogue se présentant sous la forme de timbres colorés. Le jeune homme, qui poursuivait ses études au Canada, avait réussi à introduire pas moins de 2201 doses de LSD dissimulées dans ses effets personnels.

L'enquête a révélé les particularités inquiétantes de ce produit stupéfiant. Chaque timbre d'environ un centimètre carré contient une dose concentrée de LSD pur. Les consommateurs placent ces timbres sur leur langue pour en absorber les effets hallucinogènes qui peuvent persister entre 12 et 16 heures. Sur le marché noir, ces doses se négocient entre 1800 et 3000 dinars algériens l'unité.

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L'affaire a éclaté le 3 juin 2024 suite au signalement d'un couple résidant à Bouzaréah. Les gendarmes ont rapidement identifié l'origine des troubles psychotropes observés chez l'homme : la consommation de ces fameux timbres colorés. Les perquisitions ont permis la saisie de six feuilles contenant au total 2201 timbres LSD arborant divers motifs (champignons, dessins de cerveau, emojis). Les enquêteurs ont également mis la main sur un drone équipé de son système de contrôle et sur un smartphone utilisant une carte SIM canadienne.

Le profil surprenant du trafiquant

Lors de son audition, le prévenu a présenté un profil pour le moins surprenant. Cet ancien étudiant modèle a expliqué avoir été initié à cette drogue par un ami rencontré au Canada. "Je ne mesurais pas la dangerosité de cette substance" a-t-il déclaré au tribunal, exprimant ses vifs regrets. Ses avocats ont plaidé les circonstances atténuantes, mettant en avant son absence d'antécédents judiciaires et son statut de primo-délinquant.

Le tribunal a finalement retenu deux chefs d'accusation principaux : l'importation illicite de stupéfiants et la mise en danger de la vie d'autrui. La sentence de trois ans d'emprisonnement ferme reflète la gravité des faits et la volonté des autorités algériennes de lutter contre l'émergence de ces nouvelles drogues synthétiques. Les experts sanitaires rappellent que le LSD compte parmi les substances hallucinogènes les plus dangereuses, pouvant provoquer des troubles psychiques irréversibles et conduire jusqu'au suicide.


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