L'accord d'association signé en 2002 entre l'Algérie et l'Union européenne (UE) a marqué le début d'un partenariat économique censé être équilibré et bénéfique pour les deux parties. Cependant, après 20 ans d'application, les autorités algériennes estiment qu'il est grand temps de réévaluer les termes de cet accord, particulièrement en ce qui concerne ses impacts sur les secteurs non énergétiques comme l'agriculture.
En effet, selon l'APS, des responsables et parlementaires ont exprimé, mardi 6 mai, leur souhait d’accélérer la révision de cet accord afin d’obtenir un partenariat plus équitable et favorable à la diversification économique du pays. Cette révision, voulue par toutes les institutions de ce pays d'Afrique du Nord depuis quelques années déjà, a été évoqué lors d'une journée parlementaire consacrée à l'accord en question
Le bilan mitigé de l'accord d'association
Bien que cet accord ait permis à l'Algérie d’enregistrer un excédent commercial avec l’UE, celui-ci est principalement attribuable aux exportations d’hydrocarbures, qui représentent environ 95% de ses exportations. Le secteur agricole, malgré des efforts considérables pour accéder au marché européen, demeure sous-représenté en raison de plusieurs obstacles bureaucratiques et techniques. Ces entraves sont notamment dues à des normes de santé animale strictes, à des spécifications techniques sur la taille et l’emballage des produits, et à des procédures douanières complexes qui ralentissent l’exportation des produits agricoles algériens. Les responsables algériens ont ainsi déploré l’absence de réels bénéfices pour des secteurs comme l’agriculture, censés être favorisés par l’accord.
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Lors de cette journée parlementaire tenue à Alger, plusieurs intervenants ont mis en avant la nécessité de réexaminer le contenu de l'accord d'association. Nacer Bettiche, président du groupe parlementaire du FLN à l'Assemblée populaire nationale (APN), a souligné qu'après 20 ans de mise en œuvre, le temps était venu de réviser les termes de cet accord. Selon lui, cet amendement est crucial dans le contexte actuel où l'Algérie cherche à diversifier son économie et à renforcer ses secteurs industriels et agricoles, au-delà de la dépendance aux hydrocarbures.
Une commission pour réévaluer l'accord
Dans ce cadre, Nacer Bettiche a proposé la création d’une commission nationale ad-hoc composée de représentants des différents ministères et d’experts, afin de procéder à une évaluation approfondie de l’accord. Cette commission serait chargée de réexaminer chaque clause de l'accord, d’identifier les déséquilibres et de proposer des solutions concrètes pour assurer une révision équitable des textes. L'objectif serait de garantir un partenariat plus juste, qui profite réellement à l'Algérie dans ses secteurs stratégiques, notamment dans l'agriculture et l'industrie.
Les autorités algériennes insistent sur la nécessité de revoir l'accord pour en faire un partenariat véritablement équilibré, basé sur la réciprocité. Cela inclut la facilitation des échanges, la levée des restrictions commerciales injustifiées, et la mise en place de mécanismes plus transparents pour permettre aux produits algériens de mieux pénétrer le marché européen. L'Algérie espère ainsi relancer son économie diversifiée en tirant pleinement parti des opportunités offertes par un partenariat révisé avec l'UE.
