Massacres du 8 mai 1945 en Algérie : l'appel d'une trentaine de parlementaires à Macron

Le 8 mai 2025, en Algérie, une trentaine de parlementaires français, réunis pour commémorer le 80e anniversaire des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, ont exprimé un appel clair et ferme à l'État français. Ces représentants, issus de divers partis politiques, ont demandé à ce que la France reconnaisse officiellement ces événements comme un crime d'État, marquant un tournant dans la relation historique entre les deux nations.

Les massacres de 1945, souvent qualifiés de répressions coloniales brutales, ont eu lieu à la suite de manifestations en Algérie contre la domination française. Bien que la France commémore généralement le 8 mai comme la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette journée reste également une cicatrice dans l’histoire de l'Algérie.

Pour les parlementaires français, c'est un crime d'Etat

Les autorités françaises ont réprimé dans le sang les révoltes de la population locale, entraînant des milliers de morts, principalement dans les villes de Sétif, Guelma et Kherrata. Les estimations algériennes évoquent un bilan de 45'000 morts, tandis que les autorités françaises avancent des chiffres beaucoup plus bas, soit entre 15'000 et 20'000 victimes.

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C'est dans ce contexte historique tendu que les parlementaires français, en déplacement en Algérie pour marquer cet anniversaire, ont pris une position audacieuse. Leur demande est directe : ils exigent que la France reconnaisse officiellement ces massacres comme un crime d'État, ce qui constituerait une avancée significative dans la réconciliation mémorielle entre les deux pays. À l’instar de Sabrina Sebaïhi, députée du groupe Écologiste et Social, ces élus soulignent l’impératif de "restaurer la dignité" des victimes, en revenant sur la vérité des événements.

 

Ces massacres en Algérie ont été perpétrés par des colons, des policiers et des militaires français

Ce geste symbolique s’accompagne d’une lettre adressée au président français Emmanuel Macron. Dans cette correspondance, les parlementaires insistent sur la nécessité d'un acte de reconnaissance historique, affirmant que ces violences ont été perpétrées avec l'aval, voire l’armement, de certains colons, qui ont agi comme milices durant la répression. Cette demande intervient alors que les relations diplomatiques entre la France et l'Algérie sont particulièrement tendues, notamment à la suite des propos du président Macron, qui, bien qu'évoquant les massacres dans ses discours, n'a pas franchi le cap de la reconnaissance officielle.

Sophie Briante Guillemont, sénatrice, a également souligné l’importance d’une reconnaissance des faits historiques tels qu’ils se sont déroulés, estimant qu’une telle démarche était essentielle pour reconstruire un dialogue apaisé entre les deux nations. Pour ces élus, la vérité et la mémoire sont des clés incontournables pour tourner la page du passé colonial.

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Ce mouvement fait écho aux appels croissants, tant en France qu’en Algérie, pour un travail mémoriel plus approfondi sur les crimes du colonialisme français. Il soulève ainsi la question de savoir si la France, un jour, pourra pleinement reconnaître la réalité de son passé colonial, notamment en ce qui concerne les massacres du 8 mai 1945.


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