L’Union européenne confirme sa disponibilité à revoir l’accord d’association UE-Algérie signé en 2002 et entré en vigueur en 2005. Ce partenariat, qui encadre les échanges économiques, politiques et commerciaux entre les deux parties, fait aujourd’hui l’objet d’un réexamen stratégique à l’initiative d’Alger. Bruxelles se dit prête à négocier un nouveau cadre, mieux adapté aux évolutions géopolitiques et aux ambitions industrielles des deux rives.
L’Algérie critique depuis plusieurs années l’impact déséquilibré de l’accord d’association, estimant que les avantages profitent principalement aux exportateurs européens. Le volume des échanges, estimé à environ 23 milliards d’euros en 2023, reste fortement asymétrique. Alger reproche à cet accord de limiter ses marges de manœuvre industrielles et de freiner le développement de sa production nationale.
Face à ces constats, l’Union européenne, par la voix de son ambassadeur Diego Millado, reconnaît dans un entretien avec Echorouk, la nécessité d’un ajustement structurel. Le principe d’une renégociation globale est désormais acté, avec l’objectif d’élaborer un nouveau pacte intégrant des volets industriels, technologiques et énergétiques plus équilibrés. « 2025 est une année très importante. Nous allons célébrer les 20 ans de l’entrée en vigueur de notre accord d’association. Il est clair que c’est le moment où nous devons réfléchir et évaluer. » a-t-il affirmé.
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Le projet de pacte pour la Méditerranée
Pour structurer cette nouvelle coopération, Bruxelles propose un « pacte pour la Méditerranée » qui viendrait remplacer le cadre actuel. Ce dispositif inclurait une redéfinition des priorités : soutien à l’investissement productif, développement des capacités industrielles algériennes, transfert de technologies et coopération en matière d’énergies renouvelables. L'ambassadeur précise, « nous voulons avancer maintenant vers un pacte pour la Méditerranée entre l’Algérie et l’Union européenne. »
Des discussions techniques ont déjà été engagées. Une réunion ministérielle est prévue dans les prochains mois pour définir les contours juridiques et financiers du futur accord. Ce calendrier coïncide avec le vingtième anniversaire de l’entrée en vigueur du texte initial, ce qui donne un cadre symbolique à cette refonte.
Renforcer la coopération dans l'énergie
Le secteur énergétique demeure un pilier du partenariat euro-algérien. Fournisseur historique de gaz naturel pour l’Europe, l’Algérie est aujourd’hui identifiée comme un acteur-clé dans la transition énergétique du continent. Le projet TAKATI, cofinancé par l’UE et lancé avec le ministère algérien de la transition énergétique, prévoit le développement d’une filière de production d’hydrogène vert destinée à l’exportation vers l’Europe via l’Italie. « L’Algérie peut être une source d’énergie renouvelable. Il y a un potentiel énorme comme l’hydrogène vert, le solaire, et nous allons continuer à travailler dans ce sens,» souligne-t-il.
L’ambition affichée est d’adosser les nouvelles infrastructures énergétiques à des partenariats industriels, afin de favoriser la création de valeur locale. Bruxelles mise sur cette complémentarité pour sécuriser ses approvisionnements tout en soutenant l’industrialisation de l’économie algérienne.
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Zones économiques spéciales et investissements directs
La nouvelle approche européenne intègre également le soutien à la création de zones économiques spéciales (ZES) en Algérie. L’Union européenne accompagne techniquement ces initiatives en mobilisant des experts ayant participé au déploiement de dispositifs similaires en Europe centrale. L’objectif est de favoriser l’implantation d’entreprises, la création d’emplois locaux et l’émergence d’écosystèmes industriels intégrés.
Le renforcement de l’attractivité de l’Algérie pour les investisseurs européens passe par un travail sur la simplification réglementaire, l’amélioration de la sécurité juridique et la mise en place d’accords bilatéraux sectoriels ciblés. Selon Diego Millado, « ce sont des domaines où on peut peut-être s’inspirer de modèles existants en Europe. Par exemple, nous avons fait venir des experts de Pologne et d’autres pays européens qui ont développé récemment leurs économies. »
